4ème édition de l’Observatoire des Trajectoires Professionnelles

Etudes Écrit par  vendredi, 14 juin 2019 07:35 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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1 actif sur 3 a connu une transition professionnelle en 2018, contre 1 sur 4 auparavant. C’est la première fois depuis quatre ans que l’Observatoire des Trajectoires Professionnelles, qui a interrogé 1 000 actifs en poste, observe une augmentation notable des transitions professionnelles en France. L’enjeu est de savoir si ces mouvements importants du marché préparent réellement l’avenir.

C’est pourquoi cette 4ème édition, publiée par le Groupe Adecco en coordination avec LHH Altedia et le Groupe IGS, s’intéresse aux actifs face à la transformation des métiers et des compétences à venir, qui nécessite d’être préparée et anticipée.

1 actif sur 3 en transition professionnelle en 2018 : un record
L’année 2018 se distingue par le record du taux d’activité le plus élevé depuis 1975, allant de pair avec un maintien plus élevé des séniors dans l’emploi et une reprise du marché de l’emploi. C’est dans ce contexte que l’Observatoire relève que les transitions professionnelles concernent :
• 1 actif sur 3 en 2018 contre 1 sur 4 auparavant ;
• Près de 80% des 18-26 ans contre moins de 50% les années précédentes ;
• Autant les hommes que les femmes quand ces dernières étaient plus impactées par le passé ;
• Avec un surplus de personnes en « mobilité » et en « réorientation ».

Le nombre de transitions professionnelles est en hausse pour la première fois en quatre ans, avec des formes mouvantes. L’interprétation de la qualité de ces transitions dynamiques peut être double entre sécurisation des parcours professionnels des actifs occupés préparant leur avenir ou mouvements court-termistes liés à une reprise du marché de l’emploi. Ces mouvements restent à surveiller pour saisir les incidences sur les trajectoires des individus.

Une prise de conscience toujours faible de la transformation des métiers à venir
S’agissant de la prise de conscience parmi les actifs d’un changement qui découlerait des nouvelles technologies, l’Observatoire révèle que :
• 80% des personnes interrogées pensent qu’elles n’impacteront pas ou peu leur activité professionnelle ;
• La moitié de ceux croyant à un impact significatif estime être déjà concernée ;
• Seuls 16% des CSP les moins qualifiés et des plus de 40 ans ont conscience des futurs changements ;
• 17% seulement envisagent la formation professionnelle pour se former à un nouveau métier.

La prise de conscience reste toujours faible s’agissant de la transformation des métiers à venir pour une large majorité des actifs interrogés et en particulier pour ceux qui seront les plus touchés (CSP les moins qualifiés) et qui sont les plus éloignés des dispositifs de formation (40 ans et plus). Le fait que 50% des actifs conscients des enjeux relatifs aux changements technologiques estiment que les impacts sont déjà présents, pose la question de l’anticipation desdits changements et de leurs conséquences. Une prise de conscience plus large inciterait sans aucun doute certains individus à chercher à accéder à la formation professionnelle.

Un tiers des actifs ont ouvert leur Compte personnel de Formation (CPF)
L’Observatoire s’est également penché sur les impacts de la réforme de la formation professionnelle dans le cadre de la Loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel. Parmi les personnes en poste interrogées :
• 7 sur 10 (70%) envisagent une formation pour faire évoluer leur carrière ;
• Moins de la moitié (42%) a accédé à une formation en 2018, 3 fois sur 4 sur le temps de travail ;
• Seuls 9% savent comment avoir recours aux dispositifs de financement en autonomie ;
• 31% ont ouvert leur Compte personnel de formation (CPF) en ligne en 2018, ce qui est supérieur à l’année passée (20%) et 7,2% ont bénéficié d’une formation dans ce cadre mais 1 sur 4 ignore toujours, comme en 2017, ce dont il s’agit.

Bien qu’il y ait une appétence forte pour l’accès à la formation, il existe toujours une grande méconnaissance et un manque d’appropriation des différents dispositifs. Pourtant, les chiffres montrent que les actions de formation sont bénéfiques : un individu qui souhaite se réorienter a moins envie de le faire de nouveau au cours de l’année suivant sa réorientation lorsqu’il a opté pour une action de formation (28%) que lorsque ce n’est pas le cas (37%).

Des dispositifs d’accompagnement et d’orientation à développer bien plus avant
S’agissant de l’accompagnement et l’orientation au-delà de la formation professionnelle, les résultats de cette 4ème édition indiquent que parmi les actifs :
• 35% des actifs ont bénéficié d’un entretien professionnel en 2018, soit une hausse de 5 points sur un an et 80% d’entre eux se disent satisfaits de cet entretien ;
• Près de la moitié ignore, comme en 2017, vers qui se tourner pour les aider à orienter leur carrière ;
• 60% estiment ne pas être suffisamment informés sur les métiers et secteurs porteurs d’emploi ;
• Seuls 6,7% savent ce qu’est et comment fonctionne le Conseil en évolution professionnelle (CEP).

Le besoin d’accompagnement et d’orientation est élevé parmi les actifs qui plébiscitent d’ailleurs les initiatives y répondant et ignorent comment trouver l’information par eux-mêmes. L’entretien professionnel est satisfaisant mais les résultats de l’étude mettant en lumière la méconnaissance des dispositifs tels que le CEP et le CPF interrogent sur la qualité dudit entretien. Les dispositifs d’accompagnement et d’orientation restent donc à développer pour garantir la liberté de choisir son avenir professionnel.

Méthodologie de l’Observatoire des Trajectoires Professionnelles
Mené depuis 4 ans par le Lab’Ho, l’Observatoire des Hommes et des Organisations du Groupe Adecco, et par le LISPE, Laboratoire d’innovation sociale et de la performance économique de l’Ecole IGS-RH (Groupe IGS), l’Observatoire des Trajectoires Professionnelles interroge annuellement 1 000 actifs occupés représentatifs de la population active française. Cette étude quantitative est réalisée avec l’aide d’Ipsos, partenaire de l’Observatoire et permet d’adresser les différents questionnements liés au vécu des différentes trajectoires professionnelles des actifs.

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