Les RH replacent l’humain dans les nouvelles technologies

Les RH replacent l’humain dans les nouvelles technologies

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Les directions RH sont en première ligne pour intégrer les transformations engendrées par les nouvelles technologies. Les nouvelles organisations d'entreprises, la mobilité généralisée ou encore le développement du travail collaboratif ont bien impacté les missions des RH, dont la première reste de maintenir le facteur humain face au développement technologique.

Les espaces de coworking se multiplient en France. Il en existe déjà plus de 400 et ce n'est qu'un début. La région Île-de-France affiche clairement l'objectif de faire passer leur nombre de 150 actuellement à plus de 1000 en 2021. N'allez pas croire que ces espaces soient réservés uniquement aux travailleurs indépendants, aux free-lances et aux porteurs de projets.

Chez Nextdoor par exemple, qui propose six espaces de coworking en région parisienne, un tiers des utilisateurs sont des salariés de grandes entreprises. Ces dernières, à l'image de Generali, d’EDF ou encore du Crédit Agricole, ont largement déployé une organisation en bureaux partagés qui leur a permis de récupérer des espaces loués désormais en coworking, via des plates-formes comme Néo-nomade. Sous l'effet des nouvelles technologies et de la mobilité, les lignes de l'entreprise sont en train de bouger à grande vitesse. Les collaborateurs deviennent nomades, pratiquent le télétravail et partageant des bureaux.

Besoin de liens

Un véritable défi pour les directions RH qui doivent pourtant permettre l'accès aux fonctionnalités du système d'information des ressources humaines, en temps réel, à partir de tous les supports - smartphone, tablette, ordinateur portable – utilisés par le collaborateur, où qu'il se trouve. « Le nomadisme fait ressortir encore davantage le besoin de créer des liens entre les gens, de leur donner la possibilité non seulement de collaborer mais également de partager : en situation nomade, l'outil collaboratif est indispensable et il a aussi son importance dans le télétravail », analyse Vincent Bouthors, PDG de Jalios, éditeur français de solutions d’intranets collaboratifs et de réseaux sociaux d'entreprises. Bien évidemment, sur des applications métiers, une plate-forme collaborative facilite l'organisation du travail entre des collaborateurs d'une même entreprise qui se croisent de moins en moins souvent dans les mêmes locaux. Cependant, il ne faut pas se limiter à l'aspect organisationnel mais aussi prendre en compte le facteur humain. « Dans ce contexte d'évolution des modes de travail, le rôle des directions RH est notamment de bien veiller à ce que les volets organisationnel et humain aillent de pair », poursuit-il. Dans une dimension de réseau social d'entreprise, les RH ou les managers pourront par exemple détecter des « signaux faibles » chez un collaborateur isolé, submergé de travail ou dépassé par une situation, et qu'il sera alors possible d'aider. D'autre part, dans une évolution vers la digital workplace, il faudra veiller aussi à ne pas dissocier sur l'espace de travail les applications RH, la communication ou encore les outils métiers. « Les applications RH n'ont pas vocation à être isolées des autres, elle doivent au contraire faire partie intégrante d'une digitale workplace pour qu'une synergie se crée », conclut Vincent Bouthors.

Les RH dématérialisent

Les documents RH se retrouvent de plus en plus au coeur de la transformation numérique des entreprises. Une donne que les responsables RH doivent prendre en compte. En effet, l'évolution réglementaire favorisant la généralisation de la
dématérialisation, elle impacte désormais aussi les documents RH. C'est notamment le cas du bulletin de paie qui peut désormais être transmis sous format dématérialisé à tous les salariés, sauf à ceux exprimant un désaccord pour conserver le format papier. En même temps, cette évolution réglementaire impose des normes, par exemple en matière d'archivage élec tronique de ce type de document ainsi qu'en termes de conditions d'accès des collaborateurs à leur dossier dématérialisé. Un contexte qui incite désormais les entreprises à aller plus loin en dématérialisant la totalité du dossier du personnel afin de réaliser des gains de productivité et des économies. Un prestataire comme Locarchives accompagne par exemple les services RH dans la digitalisation et l'archivage des documents dématérialisés – et aussi physiques le cas échéant – et ce dans le respect des obligations réglementaires et de sécurité, en particulier pour les documents engageants. Les RH n'hésitent pas en effet à se faire accompagner au vue de la vitesse de ces nouvelles transformations digitales dans leur secteur.

Rôle accru des managers

Dans ces nouvelles organisations d'entreprises intégrant nomadisme et travail à distance, le manager joue un rôle clé qui mériterait d'être davantage reconnu, par exemple lorsqu'il faut faire vivre les communautés de l'outil collaboratif. « La direction RH doit mettre en place un dispositif de formation et d'accompagnement des managers dans la prise en compte de ces nouveaux modes de travail », explique Sylvie Mochet, directrice associée d'Oresys, spécialiste des fonctions Ressources Humaines au sein de ce cabinet de conseil. « Manager quelqu'un à distance est très diffèrent : il faut préciser les missions, faire des points plus régulièrement, il faut structurer davantage mais aussi prendre en compte les besoins de chaque collaborateur qui peuvent varier selon le caractère de chacun », poursuit-elle. Pour être performants et se sentir bien, certains collaborateurs auront davantage besoin de contacts avec le manager et d'autres moins. Le manager doit pouvoir s'y adapter, en veillant à la fois à la bonne marche de son équipe et de ses missions, tout en étant attentif à l'aspect humain aussi, avec l'appui des services RH sur ce point. « Pour les services RH, les nouvelles technologies et l'organisation du travail autour des mobilités ont aussi profondément bouleversé les aspects liés à la formation : l'entreprise est passée d'un mode de formation présentielle à une formation en ligne qui peut être dispensée n'importe où et n'importe quand sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur », ajoute Sylvie Mochet. Une formation qui peut venir de l'externe mais aussi être partagée en interne grâce aux outils collaboratifs et aux réseaux sociaux d'entreprise. La formation est également devenue protéiforme : des tutoriels vidéos, des Mooc, des « serious games » ont pu se répandre dans les programmes de formation des entreprises grâce aux nouvelles technologies de communication.

Des RH marketeurs
Il y a également un autre secteur important pour les directions RH à être profondément impacté, celui du recrutement. « Un outil collaboratif va permettre de repérer en interne des compétences dont l'entreprise à besoin, tout simplement en permettant au collaborateur de mettre à jour régulièrement le CV donné au moment de son entrée dans l'entreprise », précise Marie Astier, consultante experte en projets digitaux chez Oresys. Chacun peut ainsi ajouter des compétences acquises à l'extérieur mais qui peuvent intéresser l'entreprise. Toujours en matière de recrutement, les directions RH utilisent de plus en plus les réseaux sociaux professionnels pour repérer et attirer les candidats. « La transformation numérique des RH s'accélère avec la guerre des talents à son apogée dans un marché cadre qui se tend : il faut être le premier à proposer aux candidats ce qu'ils attendent et tenir sa promesse pour ensuite les retenir et développer leurs compétences dans l'entreprise », fait remarquer Karl Rigal, responsable éditorial du site d'emploi Monster.fr. Conséquence, « le rôle des directions RH se rapproche de plus en plus de celui des marketeurs : les RH doivent mettre en avant la marque employeur et donner des preuves concrètes de la modernité de l'entreprise sur les réseaux sociaux pour attirer les candidats », conclut-il. Des candidats qui, désormais, ne sont pas forcément en recherche d'emploi lorsqu'ils sont contactés. Monster vient justement de lancer Premium Jobs Ads, un outil pour les directions RH permettant d'afficher automatiquement l'offre d'emploi sur le fil d'actualité Facebook, Twitter et Instagram des personnes dont le profil répond aux compétences recherchées. Désormais, marketing programmatique, analyse Big data et intelligence artificielle font désormais partie du vocabulaire des recruteurs à la recherche de profils de plus en plus précis.


Et la sécurité alors ?

S'il y a un point sur lequel les nouveaux modes de travail changent également la donne, c'est bien celui de la sécurité. En toute logique puisque les ordinateurs, autrefois confinés dans des bureaux, se promènent désormais partout avec leurs utilisateurs. Pour augmenter la difficulté, l'utilisateur en question est le plus souvent équipé de plusieurs supports, comme le smartphone et la tablette. Autant d'équipements qui peuvent se connecter au système d'information de l'entreprise. « En développant la mobilité au sein de l'organisation de l'entreprise, on augmente forcément le nombre de points d'entrée dans le système d'information de l'entreprise », note Laurent Delaporte, président d'Akerva, société spécialisée dans la cybersécurité. Or, encore trop d'entreprises s'engagent dans la voie de la mobilité sans forcément mesurer les risques informatiques encourus. Des risques allant du vol de données et de secrets commerciaux, à l'introduction de virus, malwares et autres ransomwares. Les RH ont un rôle à jouer, d'autant que la formation peut jouer un rôle essentiel sur le niveau de sécurité informatique de l'entreprise, le point faible de tout système informatique étant situé entre la chaise et le clavier... Autrement dit, ce sont les comportements individuels qu'il faut faire évoluer, en particulier dans une organisation qui développe la mobilité et le travail à distance. « Une formation à la sécurité informatique dans une PME élimine au moins 90 % des problèmes informatiques pouvant survenir », constate Laurent Delaporte. L'intervention de spécialistes de la cybersécurité sur l'architecture informatique et les équipements permettent de compléter cette protection. Laurent Delaporte conseille aux entreprises d'aller sur www.ssi.gouv.fr, le site de l'ANSII (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), qui propose notamment un guide des bonnes pratiques de l'informatique en entreprise.



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Lu 134 fois Dernière modification le mardi, 07 novembre 2017 09:14
Laurent Locurcio

Journaliste économique, il a notamment collaboré avec la presse spécialisée dont La Tribune, Le Point, Le Monde, LSA, Sport Eco, et bien entendu GPO Magazine. Il a également participé au lancement de titres de presse et a été rédacteur en chef  d’un important magazine d’entreprise. Auteur également de livres d’entreprises, il intervient aussi auprès d’étudiants en formation multi-médias.

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