Demain, une société 100 % Flex ?

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Ce n’est plus une lubie de prévisionniste mais une réalité : jamais le monde du travail n’a été aussi chamboulé que ces dernières années. Explosion d’un nouvel entrepreunariat, remise en question du modèle du salariat au profit d’indépendants de plus en plus nombreux, nouveaux codes du travail, émergence de nouvelles façons de travailler, naissance d’un management plus fluide et décomplexé…

Tout cela a donné naissance à une nouvelle population de « travailleurs indépendants » nomades et ultra connectés. À nouvelle pensée décloisonnée, nouveaux lieux de travail : le phénomène des « flex offices », espaces de travail et/ou bureaux virtuels et nomades, est en plein essor.

Ce n’est plus une lubie de prévisionniste mais une réalité : jamais le monde du travail n’a été aussi chamboulé que ces dernières années. Explosion d’un nouvel entrepreunariat, remise en question du modèle du salariat au profit d’indépendants de plus en plus nombreux, nouveaux codes du travail, émergence de nouvelles façons de travailler, naissance d’un management plus fluide et décomplexé… Tout cela a donné naissance à une nouvelle population de « travailleurs indépendants » nomades et ultra connectés. À nouvelle pensée décloisonnée, nouveaux lieux de travail : le phénomène des « flex offices », espaces de travail et/ou bureaux virtuels et nomades, est en plein essor.

Des entreprises devenues des communautés

Avec la montée en puissance du digital, c’est un tout nouveau schéma sociétal qui s’impose. Dans cette nouvelle donne, le travail ne s’entend plus – ou plus seulement - comme une contrainte à la géographie statique inscrite une fois pour toutes en un seul lieu, mais comme l’adhésion à un espace d’intelligence collective. Le corporatisme, lui aussi, a fait long feu, au profit d’une « communauté » ou une population de travailleurs indépendants, nomades et ultra connectés sont en interaction permanente.

À l’image des centres commerciaux ou des ZAC, l’entreprise devenue communauté est devenue un village qui vit sa vie en marge des grandes villes. Dans cette nouvelle configuration digitale du travail, se rendre à son travail, c’est rallier un « village » virtuel, via Internet, via le Cloud. Cette entreprise-communauté est une pure enfant du numérique. Comme toute microsociété, elle possède ses codes, son organisation, ses identifiants, ses repères. Ainsi, l’entreprise Bouygues, pour ne citer qu’elle, a créé son propre réseau social interne dédié à ses salariés. On n’est pas si loin, finalement, des organisations de la Grèce antique, de son Forum, de son Parlement, de ses votes…

Organiser ces nouveaux espaces de travail

Ce changement radical de la philosophie du travail a d’ores et déjà des conséquences manifestes sur les implantations physiques des entreprises et la morphologie des bureaux. L’ancienne génération – celle des cinquantenaires - avait construit les projets dans le dur, dans la pierre. Toute grande entreprise se devant d’être propriétaire de bureaux physiques, si possible prestigieux. La génération actuelle dite « Y » et « Z », celle des 20-30 ans, bâtit dans le Cloud. La rupture est immense.

Ces « travailleurs indépendants » qui pensent de façon décloisonnée obligent les entreprises à faire, stricto sensu, tomber les cloisonnettes. Ces nouveaux espaces de travail ont un nom : les « flex offices ». Des espaces de travail flexibles, adaptables, mobiles, parfois 100% virtuels. Au cœur même des entreprises, l’heure est à la libération des espaces. Une entreprise de 100 salariés va désormais limiter à 60 ou 70 le nombre de ses bureaux physiques, considérant que le reste de ses équipes se doit d’être « nomade » et vit dans le Cloud. D’autres entreprises expérimentent déjà le 100% nomadisme.

Le nouveau deal qui est désormais enclenché permet à l’entreprise de négocier avec ses employés la suppression d’un bureau fixe, personnel en échange d’heures de travail effectuées au domicile. Et pour redonner du sens au bureau, il a donc fallu remonter le standing de l’espace de travail au même niveau que celui du lieu de vie des travailleurs indépendants. Ce qui a amené à repenser le bureau dans un esprit « maison » avec sa cuisine, salle de jeu, TV, ses espaces détentes… Aujourd’hui le bureau est un détachement de la maison. Il n’y a plus de frontières entre la vie personnelle et professionnelle : mais est-ce que cette organisation de la vie, plus fluide, dans le « Cloud », s’applique-t-elle également sur la pensée humaine ? Ne passe-t-on pas d’une pensée individuelle à une pensée collective ? – le génie de l’imprévu, sans algorithme aura-t-il encore sa place ?

La montée en puissance des « flex offices » et des espaces de coworking dédiés à ces travailleurs indépendants n’est pas seulement un simple décloisonnement des espaces matériels. Elle témoigne d’un décloisonnement des esprits engendré par le numérique. Avec un écueil de taille : si le digital rationnalise la pensée, il risque aussi de la niveler. Avec le « flex office », le travailleur indépendant peut certes gagner en liberté corporelle, mais perdre ses repères. Et pour être nomade, on n’en est pas moins humain et c’est ainsi : l’homme a besoin, par essence, de points de ralliement. D’où l’importance cruciale d’organiser ces nouveaux espaces de travail « flex ».

À cet égard, les priorités ont changé, les codes aussi. Exit les matières nobles, les essences de bois rares, le marbre, dont se paraissent les bureaux des grandes puissances entrepreneuriales. Aujourd’hui, c’est une certaine « décontraction » qui fait foi. À l’image des GAFA, l’optimisation des espaces et le confort des salariés sont les nouveaux codes du luxe au travail.

À l’horizon 2020/2040, tout sera « flex »

Cette révolution des modes de travail ne fait que commencer. Les moyens de communication vont aller en s’amplifiant. Optimiser le temps et rationaliser les tâches sont déjà des enjeux. Déjà, les points relais Wifi sont extrêmement volatils et l’homme vit dans des capsules de temps. Demain, à l’horizon 2020/2040, on peut prévoir que le « maillage humain » va se rompre et les humains vont passer les trois-quarts de leur temps à se déplacer. Les endroits mouvants vont ainsi devenir les nouveaux bureaux. La flexibilité touchera tout, les entreprises, mais aussi les salles de sport, de spectacle, les moyens de transport…

Demain, le « flex office » sera partout : dans les trains, les avions qui proposeront des « classes offices », les voitures, idem pour les taxis ou Uber qui pourra proposer des « flex offices » mouvants, des drones ultra-équipés seront dédiés au travail.

C’est pourquoi notre métier de « branding designers » prend dès aujourd’hui tout son sens pour répondre aux nouvelles pratiques du travail, créer ces nouveaux espaces de travail de demain.
En matière de « flex offices », le saut créatif reste à faire. Tout, ou presque, reste à écrire.

L’enjeu est de taille pour créer des « galeries business center » à l’image de la Cité Radieuse du Corbusier. Plus qu’un métier, c’est pour nous un acte militant que de créer des espaces dédiés au « travail heureux ».

Par Jean-Baptiste COISSAC, fondateur de l’agence GENEROUS BRANDING

Lu 5514 fois Dernière modification le mardi, 20 février 2018 15:03

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