Bien choisir le Cloud adapté à votre entreprise

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Pour une PME, porter une partie des activités de son SI (système d’information) sur le Cloud comporte beaucoup d’avantages. À condition de bien choisir les applications et les données qui lui sont confiées et d’en connaître les limites.

Le Cloud n’a pas réponse à tout. Il faut l’utiliser quand cela a du sens. Pour un industriel, mettre des projets stratégiques ou des données sensibles sur le Cloud n’est clairement pas une solution », déclare Francis Weill, directeur général de Connectis France, qui pointe les atouts des services en Cloud pour les PME. « Nous avons accompagné une entreprise de fabrication de 30 personnes travaillant beaucoup à l’export. Cette entreprise ne disposait pas d’un SI adapté et ne pouvait pas se permettre une indisponibilité de service. Pour quelques milliers d’euros par mois, elle bénéficie d’une informatique performante pour travailler à l’international ». Le coût peut paraître élevé mais il faut le comparer au coût d’acquisition du matériel et du logiciel d’une architecture on-premise (SI en local) et au salaire d’un ou deux informa­ticiens. Le retour sur investissement d’une solution Cloud à haute disponibilité est d’un an environ, ce qui est rapide. « Pour une application critique, la qualité de service 24h/24 et 7j/7 est difficile à quantifier mais les responsables d'entreprise savent parfaitement ce que signifie une inter­ruption de service en termes d’image et de chiffre d’affaires » rappelle Francis Weill. Un des principaux avantages du Cloud est de ne payer que ce que l’on consomme en mode location de service, selon une tarification mensuelle. C’est un argument de poids pour une société qui veut réduire ses coûts d’investissement et de maintenance informatiques. « En matière de Cloud, la qualité technique de l’offre en Cloud est largement supérieure à celle dont disposent les PME, en termes de sécurité, de débit et de redondance des infrastructures. Il faut cependant savoir quel type de données on va y placer. La messagerie est l'un des usages les plus évidents mais confier ses données métier au Cloud (ressources humaines, comptabilité, supply chain, etc.) est beaucoup plus délicat. Le stockage des données nominatives est strictement encadré par la CNIL », déclare Philippe Chrétien, directeur associé chez Ineat Conseil, cabinet de conseil et web agency.
Une des pratiques les plus courantes est l’utili­­-sation d’un Cloud public pour suppléer les ressources d’un Cloud privé hébergé en local ou chez un prestataire extérieur pour absorber les pointes d’activité suite à une promotion ou à une campagne de publicité radio ou télévision. « Voyages SNCF fait déborder son trafic Internet vers nos serveurs lors des campagnes. Pour des solutions personnalisées haut de gamme, nous proposons un dispositif d’adaptation automatique à un accroissement de la demande en termes de capacités de stockage ou de débit. L’offre Performance 4 autorise l’accès simultané de 500 clients » précise Sébastien Almiron, directeur marketing digital chez l’hébergeur OVH.

Effectuer une transition en douceur vers le Cloud
« Il faut effectuer une transition par paliers vers le Cloud et choisir d’abord les domaines métier non stratégiques pour apprendre, s’acculturer et faire ensuite une migration plus complète » conseille Francis Weill. Comme toute transformation numérique, le passage d’une partie des activités informatiques hébergées en local vers des services en Cloud modifie profondément le périmètre du SI d’une entreprise. Cela concerne les services en SaaS (Location d’applications en ligne), IasS (Location de ressources de stockage ou de calcul) ou PaaS (Location de plates-formes informatiques complètes à des fins de test). Les frontières entre Cloud privé et public sont floues et prêtent parfois à confusion. « Je préfère parler de Cloud hybride qui assure la complémentarité entre ces deux mondes » précise Philippe Chrétien.
Si le mode d’utilisation du Cloud public ne comporte quasiment pas de contrat SLA (contrat spécifique Service Level Agreement), toute personnalisation d’un Cloud privé suppose la négociation d’un tel contrat. Rappelons que le Cloud privé permet une meilleure maîtrise des ressources proposées à une société. Un SLA précise des notions importantes comme les caractéristiques techniques (débit, nombre d’accès simultanés, nombre de machines virtuelles, puissance de calcul, etc.) ainsi que les détails d’un plan de récupération des données. Deux autres points méritent attention. D’une part, le taux de disponibilité du service, annoncé à plus de 99 %. Ce chiffre impressionnant ne garantit pourtant pas une éventuelle indisponibilité de quelques heures, très pénalisante pour les applications critiques. D’autre part, la réversibilité des données. Concrètement, il s’agit de la migration de ses données et applications lors d’un changement de prestataire. Dans quel format les données sont-elles restituées ? Est-ce une opération simple ? Existe-t-il des procédures simples pour le faire ? Amazon, pour ne citer que lui, ne donne aucune réponse précise à ces questions et se contente d’affirmer que c’est possible.
Le déploiement à l’international doit nécessai­rement tenir compte des législations de chaque pays. En Espagne ou en Italie par exemple, la législation sur l’utilisation des données personnelles est beaucoup plus restrictive qu’en France rappelle Francis Weill. Il faut donc s’appuyer sur les compétences d’un prestataire local pour adresser des marchés internationaux. Et la situation peut être encore différente sur les marchés américains et sur l’Asie. Dans tous les cas, le Cloud n’est pas une baguette magique et doit être utilisé à bon escient.

Les chiffres du Cloud en France

Selon le cabinet d'études Markess, la part du Cloud en France représente environ 10 % du marché de l'IT professionnel, soit 5 milliards d'euros pour un volume global de 56 milliards d'euros.

Il s'agit donc d'une part significative mais qui reste minoritaire. Les grands comptes disposent de leur propre SI pour les applications critiques, notamment les banques, les assurances et les mutuelles. Parmi tous les modes d'utilisation du Cloud, le SaaS concerne 60 % du marché, le IasS (Infrastructure as a service) 28 % et le PaaS 11 %.

Les réticences concernent l'hébergement de données sensibles pour 53 % des entreprises interrogées.

Lu 3167 fois Dernière modification le lundi, 07 novembre 2016 14:58
Serge Escalé

Journaliste indépendant spécialisé IT depuis 1995
Le Monde informatique, Le Figaro, Les Echos, Itespresso, Le MagIT, Silicon.fr, GPO Magazine

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