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Engagement RSE : comment analyser sa performance extra-financière

Engagement RSE : comment analyser sa performance extra-financière

RSE Écrit par  mardi, 12 décembre 2023 16:46 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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De plus en plus, les Reporting extra-financiers s’invitent dans les bilans et les stratégies des entreprises. Ces indicateurs permettent à l’entreprise de communiquer sur les implications sociales, sociétales et environnementales de ses activités ainsi que sur son mode de gouvernance.

Les reporting extra-financiers constituent un fondement important de l’engagement de l’entreprise sur les sujets RSE.

Un engagement porteur de valeur pour les organisations

« Cette démarche est d’autant plus importante à réaliser aujourd’hui que les entreprises prennent de plus en plus conscience de l’impact des enjeux liés à la RSE et à l’ESG sur leur modèle d’affaires et sur leur modèle économique, constate Vincent Valette, Manager Climat et Finance Durable de RSM France. Dès lors que ces sujets ne sont pas pris en compte dans l’entreprise, cela lui fait porter un risque supplémentaire d’instabilité. Dans un cas extrême, on a vu par exemple, aux États-Unis, une entreprise faire faillite en raison des demandes d’indemnisations suite aux incendies provoqués par une mauvaise gestion de son réseau électrique ».
Vincent Valette

D’autre part, l’accès à certains marchés nécessite désormais que les entreprises soient engagées sur ces sujets. « L’investissement RSE et/ou ESG des entreprises devient d’ailleurs un élément différenciant et un avantage concurrentiel dans le cadre d’appels d’offres », précise Nathalie Labate, directrice commerciale et marketing d’Izypeo.

Les entreprises qui mesurent et font le reporting de leur performance extra-financière bénéficieront par ailleurs d’un accès plus facile aux financements nécessaires au développement de leur activité et à l’innovation. « En effet, les établissements de financement sont eux-mêmes fortement incités à investir en partie sur des projets responsables », poursuit Vincent Valette.

Enfin, au-delà de valoriser les entreprises et leur marque employeur, l’engagement RSE/ESG répond également à des exigences réglementaires de plus en plus importantes en la matière.

Une réglementation de plus en plus contraignante

Sur ce sujet, la France a d’ailleurs un temps d’avance. « Avec la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), la France est en effet déjà allée plus loin que la seule directive européenne NFRD (Non Financial Reporting Directive) », précise Vincent Valette. La DPEF, mise en place avec la Loi de Transition Énergétique, oblige les entreprises cotées de plus de 250 salariés et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires à réaliser chaque année l’inventaire de leurs postes significatifs d’émissions, et de les publier dans leurs documents de référence.

Dans le cadre de ce document, elles doivent notamment reporter les principales émissions des Scope 1 (émissions directes) et 2 (émissions dues à l’énergie) et, depuis le premier janvier 2023, du Scope 3. Ce dernier concerne toutes les autres émissions induites par les activités de l’organisation qui sont liées à la chaîne de valeur complète, comme l’achat de matières premières, de services ou autres produits, les déplacements des salariés…
Laurent Luce

Par exemple Leroy Merlin, avec sa maison mère Adeo, a lancé en mars dernier un indicateur, le «Home Index», pour évaluer l’impact environnemental et social d’une partie des produits qu’il commercialise. « La prise en compte des émissions carbone émises par la chaîne de valeur est d’autant plus importante qu’elle représente 70 % des émissions des entreprises, explique Laurent Luce, Head Of Product Marketing Manager chez Altares. Ces dernières doivent donc pouvoir identifier l’empreinte carbone de leurs fournisseurs ». Une mesure de l’impact dont l’importance se renforcera en 2026 avec la mise en place de la taxe carbone aux frontières.

D’autre part, à partir du premier janvier 2024, la CSRD, ou Corporate Sustainability Reporting Directive, remplacera la NFRD. Cette nouvelle directive de reporting extra-financier concernera plus d’entreprises, et de manière plus exigeante. Elle va par exemple uniformiser les rapports ESG au niveau européen pour les rendre comparables, exiger la collecte d’informations plus fiables, précises et complètes, ou encore augmenter le nombre d’entreprises concernées.

« La DPEF et la CSRD complètent en France d’autres réglementations telles que la loi Sapin II ou le devoir de vigilance qui a pour vocation d’identifier les risques et de prévenir les atteintes graves aux droits humains et aux libertés fondamentales, à la santé, à la sécurité des personnes et à l’environnement, résultant des activités des entreprises assujetties, et de celles de leurs filiales, soustraitants et fournisseurs avec lesquelles elles entretiennent une relation établie », poursuit Vincent Valette.

Créer les conditions d’une démarche RSE

Pour répondre à ces différents enjeux et réaliser leurs reportings extra-financiers, les entreprises doivent en premier lieu mettre en place des process et structurer leurs démarches.

« Il convient alors de définir des plans d’action (covoiturage, baisse de la consommation d’énergie, équité des salaires…) ainsi que des objectifs à atteindre et mettre en place des indicateurs pour suivre l’évolution des actions. Il est par ailleurs important que la stratégie et la démarche RSE soient validées par la gouvernance de l’entreprise pour crédibiliser et rendre légitime tout ce qui sera ensuite demandé en interne auprès des collaborateurs ou en externe auprès des fournisseurs. D’autre part, il est également important de nommer une personne pilote dans l’organisation qui soit légitime (DAF, Responsable RSE…) pour conduire cette stratégie RSE et mesurer la performance extra-financière. Enfin, il faut sensibiliser les équipes », précise Vincent Valette.

« Une fois ces différents éléments définis, alors l’entreprise peut mettre en place les outils qui lui permettront de collecter, consolider et analyser ces données, de renseigner et de piloter leur plan d’action à des fins de reporting extra-financiers », précise Nathalie Labate.

Quels outils pour suivre et calculer sa performance extra-financière ?

Pour centraliser et consolider leurs données extra-financières, les entreprises peuvent alors s’appuyer sur des logiciels prévus à cet effet, tels que ceux proposés par Tennaxia, Reporting 21, K-CSR, EcoAct ou Izypeo.Nathalie Labate

À partir de ces solutions, très nombreuses sur le marché, elles ont notamment la possibilité de collecter et de piloter leurs indicateurs RSE et/ou ESG, de communiquer autour de leurs actions RSE et de générer un reporting extra-financier.

« Notre solution récupère les données issues des systèmes d’information, soit automatiquement via des connecteurs, soit en important des fichiers Excel. Par exemple, nous récupérons dans les différents systèmes d’information des données RH, des données d’énergie, poursuit Nathalie Labate. La solution consolide les données ainsi récupérées et calcule automatiquement les indicateurs que l’entreprise souhaite piloter. Jusqu’à peu, les entreprises avaient chacune leurs propres indicateurs RSE. La CSRD va néanmoins imposer des indicateurs de référence que nous avons i ntégrés dans notre solution, et qui viendront compléter les indicateurs plus personnalisés de l’entreprise ».

Sur quels prestataires les entreprises peuvent-elles s’appuyer ?

Les entreprises ont également la possibilité de se faire accompagner par des spécialistes externes, tels qu’EcoVadis ou Ethifinance pour évaluer et suivre leur performance extra-financière.

« Nous proposons en effet aux entreprises de se faire évaluer ou d’évaluer leurs tiers, ajoute Nicolas Dussert, directeur des ventes Europe du Sud chez EcoVadis. À cet effet, nous collectons des données publiques que nous croisons avec celles fournies par l’entreprise via un questionnaire dont nous vérifions la qualité. Nous délivrons par ailleurs une gradation des actions mises en oeuvre. Nous sommes donc en mesure de fournir à l’entreprise des données sur la base desquelles elle peut s’appuyer pour réaliser son audit extra-financier ».

Intégrer l’engagement RSE de sa chaîne de valeur dans son Reporting extra-financier

Pour répondre aux obligations de la réglementation, certaines entreprises vont également devoir prendre en compte dans leurs reportings extra-financiers les engagements RSE/ESG de l’ensemble de leur chaîne de valeur. La collecte et l’analyse de ces données peuvent cependant s’avérer complexes. Certes, elles peuvent demander à leur partie prenante de leur fournir leur Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), mais encore faut-il qu’elles en aient une.

Nicolas DussertD’autre part, les données récupérées ne sont pas toujours pertinentes et manquent de standardisation pour assurer une comparabilité des données sur un secteur ou mesurer les progrès de ses parties prenantes. Les entreprises ont donc souvent besoin d’être accompagnées dans cette démarche. Toute la difficulté consiste alors à s’appuyer sur le bon fournisseur de données ESG.

Parmi eux se trouvent notamment les agences de notation de crédit (Moody’s, Standard & Poor's, Fitch), des agences de notation extra-financières (Vigeo Eiris filiale de Moodys), et des fournisseurs d’indices (Bloomberg, Thomson Reuters, MSCI). Ces sociétés proposent des « rating » ou score ESG qui visent à apprécier dans quelle mesure une entreprise est exposée aux risques environnementaux (E), sociaux (S) et de gouvernance (G), ainsi que son aptitude à faire face à ces risques ou, à l’inverse, profiter des opportunités qui peuvent se présenter dans le cadre de la transition vers une économie durable.

Les entreprises peuvent également s’appuyer sur des prestataires très spécialisés tels qu’EcoVadis ou EthiFinance. « La démarche d’EcoVadis consiste notamment à intervenir en qualité de tiers de confiance et à collecter des données directement auprès des entreprises, à réaliser un audit do cumentaire sur les actions ESG qu’elles mettent en place, à les valoriser au travers d’une ou plusieurs notes pondérées selon le sujet, le secteur d’activité ou encore la taille de l’entreprise », précise Nicolas Dussert. EcoVadis peut ensuite en mesurer l’évolution dans le temps.

EthiFinance de son côté collecte les données ESG dans la documentation publique des entreprises (rapport annuel, rapport de développement durable, etc.), utilise quelques sources alternatives (CDP, SBTI, etc.) et s’appuie sur les investigations complémentaires de ses analystes.

Enfin, les spécialistes de l’information financière commencent également à se pencher sur le sujet en tête duquel Altares qui, depuis quelques mois maintenant, commercialise sa plateforme DB ESG.

Vérifiées et parfois mêmes certifiées, ces données extra-financières liées aux fournisseurs sont autant d’éléments qui participent à la valorisation de l’engagement RSE/ESG des entreprises, tout en les accompagnant dans le respect de la réglementation sur ce sujet.

RSE, ESG et ESS, ce qui distinguent ces acronymes

  • RSE : La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est une somme d’actions menées volontairement par les entreprises souhaitant oeuvrer pour le bien commun tout en étant économiquement viables.
  • ESG : Concept connecté à la RSE, l’acronyme ESG (Environnement, Social et Gouvernance), est une analyse extra-financière au service du développement durable faite au sein d’une entreprise.
  • ESS : Les termes RSE et ESS sont plus souvent confondus. Ils sont pourtant plus éloignés. Le point le plus différenciant est la cible concernée. La RSE et l’ESG s’adressent à toutes les entreprises volontaires. L’ESS (Économie sociale et solidaire) concernait jusqu’au décret n° 2015-858 du 13 juillet 2015, uniquement les associations, coopératives, mutuelles ou fondations d’utilité sociale. Depuis, les entreprises commerciales peuvent également endosser ce statut juridique à conditions de respecter trois critères : une gouvernance démocratique, le réinvestissement majoritaire des bénéfices dans l’activité, et l’impartageabilité des réserves obligatoires. En effet, c’est le coeur des activités qui est concerné par la démarche responsable, non pas le mode de déploiement et de gouvernance.
Source : www.planetegrandesecoles.com/ess-esg-rse-definition

Lu 3516 fois Dernière modification le vendredi, 15 décembre 2023 09:12
Anne Del Pozo

Elle collabore depuis près de 20 ans à différents magazines en qualité de journaliste.

Elle y traite de sujets articulés essentiellement autour de la finance, des flottes automobiles, du voyage et du tourisme d'affaires ou encore des ressources humaines. Anne del Pozo participe également à la rédaction de nombreux témoignages clients et de newsletters d'entreprise.

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