Gestion du parc automobile : les bons conseils pour réduire les coûts

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Quelle que soit la taille d’une flotte automobile, les entreprises disposent de différents moyens pour en rationaliser et en diminuer les coûts.

Sur le mid market, la gestion de flotte automobile n’est pas une mince affaire. D'une part, les catégories sont très variées et vont du véhicule particulier à l’utilitaire, en passant par la voiture de société. D'autre part, au sein des PME-PMI et ETI, les fonctions de direction sont souvent regroupées, la direction générale fait également office de DAF, DRH ou encore de contrôleur de gestion. Rares sont donc ces entreprises qui disposent d’un gestionnaire de flotte automobile. « Cette double problématique les empêche souvent d’avoir une visibilité optimale sur le coût de leur parc automobile, explique Matthieu Blaise, chef de projet Flotte Automobile chez Cristal Décisions.

Pourtant, elles disposent de nombreux leviers pour le diminuer ». Afin de bien appréhender ces leviers, il leur faut préa­lablement auditer l’ensemble de leurs dépenses liées à ce poste et ce, tant d’un point de vue financier qu’opérationnel. Par ailleurs, un budget flotte doit prendre en compte l’ensemble des coûts liés à la vie du véhicule. Le coût total de possession (TCO) d’un véhicule intègre ainsi le financement du véhicule (45 % du TCO), les prestations d’assurances, de maintenance ou encore de pneumatiques (10 % du TCO) et enfin, sa fiscalité et le carburant (45 % du TCO). « Or l’entreprise peut agir sur ces trois centres de coûts pour diminuer son budget flotte automobile », précise Matthieu Blaise.

Choisir un véhicule adapté à son métier
Premier levier d’optimisation des coûts, le choix du véhicule. « Il faut qu’il soit adapté au métier de l’entreprise et de celui qui le conduira », poursuit Matthieu Blaise. Pour les accompagner dans ce choix, les entreprises peuvent notamment s’appuyer sur l’expertise des constructeurs mais également des loueurs. Ces derniers ont d’ailleurs l’avantage d’avoir une vision globale du marché, contrairement aux constructeurs qui s’arrêteront aux seuls modèles de leur marque. « Nous préconisons aux entreprises d’avoir un choix de trois ou quatre catégories de véhicules pour répondre aux besoins de l’ensemble de leurs collaborateurs, explique Patricia Caulfuty, directrice marché de GE Capital Fleet Services. Pour mieux maîtriser leur budget, nous leur conseillons également de limiter le nombre de constructeurs en parc ». Plus la flotte de véhicules est retreinte, plus il faut limiter le nombre de constructeurs et de modèles par catégorie. Cette démarche permet notamment de jouer sur l’effet volume et ainsi, de négocier de meilleures remises auprès des constructeurs. Néanmoins, il est important de garder deux marques à son catalogue pour bénéficier des meilleures valeurs résiduelles des véhicules au moment de leur acquisition. Cette valeur évoluant au rythme de mise sur le marché de nouveaux modèles, son montant varie régulièrement.

Ne pas négliger la fiscalité
Le choix des modèles a également un impact sur le taux de fiscalité relatif aux émissions de CO2 des véhicules de société. En optant aujourd’hui pour un véhicule hybride électrique, les entreprises peuvent bénéficier jusqu’à 7 000 € de bonus écologique, une remise loin d’être négligeable. D’autant que ces motorisations sont généralement celles qui consomment le moins de carburant, ce qui leur permet aussi de baisser le coût du poste carburant. « À ce sujet, il ne faut pas toujours se fier au prix facial d’un véhicule, souligne Patricia Caulfuty. Un véhicule initia­lement plus cher peut s’avérer dans la durée moins coûteux en termes de fiscalité ou de carburant».

Travailler sur le comportement de conduite des automobilistes
La diminution du poste carburant est aussi étroitement liée au comportement de conduite des collaborateurs. « Un levier d’autant plus important que les prix des carburants ont considéra­blement augmenté ces derniers mois », précise Matthieu Blaise. Pour minimiser les coûts liés au poste carburant mais également à l’assurance, les entreprises peuvent travailler sur l’éco-conduite et inciter leurs collaborateurs à suivre des formations en la matière. « Elles peuvent ainsi encore générer jusqu’à 20 % d’économies sur les postes carburant et assurance », poursuit Matthieu Blaise.

Opter pour un financement en adéquation avec l’usage des véhicules
Le type de financement du véhicule (LOA, LLD, achat,...) est aussi un levier d’optimisation des coûts. À partir de 10 000 km par an et par véhicule, le choix de la LLD (Location Longue Durée) reste souvent le plus approprié. « La LLD permet d’optimiser et de budgétiser les loyers sur le financement d’un véhicule sur 2 à 5 ans, le choix de la durée se faisant en fonction du kilométrage, explique Patricia Caulfuty. Au-delà du finan­cement du véhicule, ce loyer peut également couvrir de nombreuses prestations de services liées notamment à la maintenance des véhicules, aux assurances, etc. Enfin, la LLD permet également de mieux anticiper sur la valeur de revente du véhicule, en fin de contrat ».

En matière de location longue durée, les loueurs s’attachent actuellement à proposer des solutions innovantes pour accompagner davantage les entreprises dans leur démarche de réduction des coûts. C’est ainsi le cas d’Arval qui propose, depuis le début du mois de juin, de la LLD sur des véhicules d’occasion. « À travers cette offre, nous proposerons à la location des véhicules récents, ayant roulé en moyenne 10 000 km, explique Jean-Loup Savigny, directeur général de SME Solutions Arval France. Leur prix d’achat est ainsi nettement diminué, alors qu’à l’inverse le coût de leur entretien sera faiblement revu à la hausse en raison de leur kilométrage, qui reste faible. Raison pour laquelle, cette offre ne porte que sur des véhicules très récents ». Celle-ci s'adresse notamment aux TPE et aux PME qui ne bénéficient pas des mêmes taux de remises constructeurs que les grands comptes, au regard de la plus petite taille de leur flotte automobile.
Le choix du financement se fera aussi en fonction des usages. L’entreprise doit rester vigilante sur la valeur de restitution (valeur résiduelle) du véhicule, quel qu'il soit. Elle doit également faire attention aux coûts qui, en fin de contrat, peuvent diminuer le montant de la reprise. Par exemple, ces surcoûts peuvent être liés à l’endommagement du véhicule ou à son kilométrage, supérieur à celui initialement prévu dans le cadre d’un contrat longue durée. « Souvent, pour les PME, ces coûts s’avèrent plus élevés que pour un grand compte, car les marges des fournisseurs varient en fonction du volume de véhicules achetés, ajoute Matthieu Blaise. D’où la nécessité, pour les entreprises, d’être vigilantes lors de la phase de négociation ».
Enfin, l’un des derniers leviers d’optimisation des coûts porte sur la gestion du parc automobile. « Il faut que les entreprises prennent le temps, une à deux fois par an, de se pencher sur leur parc automobile pour constater les éventuelles dérives : les contrats à modifier, les comportements des conducteurs ou, tout simplement, les changements de besoins, conclut Jean-Loup Savigny. Une démarche indispensable également pour faire vivre sa car policy et l’adapter en permanence aux besoins de l’entreprise ».

Par Anne DEL POZO

Et pourquoi pas la LMD ?
« La location moyenne durée (LMD) répond aux enjeux de flexibilité des PME et notamment ceux qui sont liés aux mouvements de personnel, explique Hervé Trosset, PDG d'Elat. En effet, la LMD est une alternative à la location longue durée et à la location courte durée. Dans le cadre de ce type de contrat, le loueur s'occupe généralement des intercontrats, à savoir des changements de contrats générés par les entrées et sorties de collaborateurs. Une approche qui permet à l'entreprise d'optimiser encore plus le pilotage de sa flotte automobile ».
Lu 35321 fois Dernière modification le jeudi, 09 juillet 2015 13:30
Anne Del Pozo

Elle collabore depuis près de 20 ans à différents magazines en qualité de journaliste.

Elle y traite de sujets articulés essentiellement autour de la finance, des flottes automobiles, du voyage et du tourisme d'affaires ou encore des ressources humaines. Anne del Pozo participe également à la rédaction de nombreux témoignages clients et de newsletters d'entreprise.

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