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Jacques Trottier, Labeyrie - Le sport comme mode de management

Jacques Trottier, Labeyrie - Le sport comme mode de management

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Dans notre monde dur et souvent uniforme, nous avons eu envie de vous faire découvrir le portrait d’un entrepreneur qui sort des sentiers battus. Jacques Trottier a rejoint Labeyrie en 2008 et en est aujourd'hui le directeur général. En plus de porter haut et fort la philosophie de Labeyrie, il pratique le sport à un haut niveau et est convaincu que les valeurs véhiculées par la pratique sportive telles que le goût du challenge, le dépassement de soi, le sens du collectif et l’humilité peuvent permettre au manager et à ses équipes d’optimiser la performance d’une entreprise. Un « Homme de fer » qui insuffle une dynamique positive au sein de l’entreprise landaise Labeyrie, qui séduit de plus en plus de cadres parisiens à la recherche d’un environnement favorable.

GPO Magazine : Vous êtes revenu, en septembre dernier, d’Australie où vous avez passé l’épreuve du Half Ironman, est-il indiscret de vous demander votre classement ?
Jacques Trottier : Il s’agissait du championnat du monde du Half Ironman qui s’est déroulé à Mooloolaba (Australie) dans un cadre magnifique. C’est une compétition de triathlon dérivée de l'Ironman et d'une distance de 113,1 km correspondant à la moitié de celle d'un Ironmnan. Les distances à parcourir pour chaque discipline sont de : 1,9 kilomètre de natation ; 90 kilomètres de vélo et 21 kilomètres de course à pied. Il y a 3 000 participants, répartis par catégorie d’âge et je suis arrivé à la 88e place sur 300 dans la catégorie des 45 ans et plus. Bien évidemment, on se demande toujours si l’organisme va suivre mais cela s’est bien passé et c’était un réel plaisir.

GPO Magazine : Vous vous inscrivez dans une longue lignée de dirigeants « accro au sport » (Emmanuel Faber, Geoffroy Roux de Bézieux….), est-ce que cela influe sur votre mode de management ?
J. T : Certainement, mais cela apparaît de façon naturelle et spontanée dans mon mode de management. En effet, j’ai toujours fait du sport. Les valeurs véhiculées par le sport telles que la rigueur, le goût de l’effort, l’humilité, l’engagement total ont toujours été le terreau de ma construction professionnelle. En 2010, chez Labeyrie, nous avons mis en place des enquêtes auprès de nos salariés pour connaître leur niveau de satisfaction par rapport à l’entreprise, à la vie au sein de celle-ci. Il est bien ressorti de ces enquêtes que le sport faisait partie de leurs aspirations et qu’il fallait le développer davantage. En outre, la pratique du sport influe grandement sur la performance en entreprise.

GPO Magazine : Poussez-vous vos équipes à pratiquer un sport ? Existe-t-il une salle dédiée au sport au sein de Labeyrie ?
J. T : Effectivement, chez Labeyrie, la pratique du sport est facilitée et nous avons créé une salle à cet effet. Nous avons également construit des vestiaires, des douches et nous avons offert des cours de sport en salle à nos collaborateurs (fitness, yoga, prépa­ration physique…). Progressivement, des groupes se sont formés et vont courir, faire du vélo ou encore de la natation, essentiellement à la pause déjeuner entre 12 h et 14 h. Mais il y a aussi des salariés qui se retrouvent le week-end et qui portent les couleurs de Labeyrie au cours de compétitions, comme des courses à pied. Le dirigeant a tout à gagner à intégrer le sport dans son entreprise en termes d’optimisation de la performance de ses collaborateurs. En outre, l’association du sport à une entreprise peut construire une image de marque de dynamisme, d’optimisme et d’engagement.

GPO Magazine : Finalement, est-ce si important « le bien vivre et le bien travailler ensemble » ?
J. T : Tout ce qui favorise l’épanouissement des collaborateurs est capital. Chez Labeyrie, nous encourageons la pratique régulière d’un sport. À ce sujet, n’importe quel médecin vous le dira, le bilan est positif pour la santé et il y a moins d’absentéisme. Les salariés se sentent mieux physiquement et dans leur tête. Il s’agit là d’un moment de décompression important et d’intégration pour un nouveau venu dans une entreprise telle que la nôtre. Le sport en entreprise est aussi un outil de cohésion sociale car il permet de rencontrer très rapidement des gens d’univers totalement différents tels que la production, le marketing, les ressources humaines…
Je suis convaincu que pour les générations à venir « le bien vivre et travailler ensemble » sera fondamental. D’ailleurs, on le voit déjà. Les entreprises doivent avoir cette capacité de retenir les talents en favorisant l’épanouissement de leurs collaborateurs par le sport ou une autre activité. On essaye d’être exemplaire sur cet aspect-là et cela peut être une marque de fabrique intéressante et séduisante pour les futurs collaborateurs et ceux qui sont déjà chez nous.

GPO Magazine : Y a-t-il des points communs entre les qualités du sportif et celles du dirigeant d’entreprise ?
J. T : Il y a effectivement un parallèle à faire entre les valeurs inhérentes au sport et celles du mana­gement. En effet, le sportif doit absolument s’entraîner, se fixer des objectifs, atteindre un niveau de performance. C’est exactement la même chose dans le monde de l’entreprise : on essaye de réaliser les objectifs ensemble, de travailler en équipe nos sujets à fond en vue de la fin d’année. Et si cela peut se faire en plus dans la bonne humeur, comme c’est souvent le cas lorsque l’on fait du sport ensemble, on aura tout gagné dans la vie de tous les jours de l’entreprise ! En ce qui me concerne plus particulièrement, je pratique un sport d’endurance et il est assez rare dans cette discipline que cela se passe bien du début à la fin. Dans la vie de l’entreprise, du 1er janvier au 31 décembre, c’est un peu le même scénario avec des moments sympas et d’autres plus délicats avec la concurrence, les marchés difficiles… Et là, il faut avoir des capacités de rebond et rester accroché à ses objectifs malgré les aléas.

GPO Magazine : Quelles sont les vecteurs du succès pour un entrepreneur ?
J. T : Je n’aurai pas la prétention de généraliser des règles valables pour toutes les entreprises. Cela dépend évidemment du secteur d’activité de l’entreprise, de soi-même aussi. À mon sens, pour réussir en entreprise, il faut avoir un bon produit ou un bon service. Il faut également avoir bien compris les besoins et avoir développé une offre globale qui réponde à une attente. Dans notre secteur qui est celui de la grande consommation, Labeyrie a réussi, depuis le début de son histoire, à se différencier des autres marques en créant un vrai territoire de produit, un vrai imaginaire, une belle image de marque. Nous avons développé ce capital au fil des années autour des moments plaisirs de Labeyrie, tels que le saumon fumé, le foie gras, le jambon ibérique ou encore le caviar. Nous continuons à investir sur ce capital car il est le socle de notre réussite. Nous investissons également beaucoup sur l’humain et en particulier sur la formation de nos collaborateurs.
En effet, notre conviction est qu’il faut savoir accompagner nos produits avec de bons services (commerciaux, qualité…). À cet égard, nous avons mis en place depuis 3 ans, en liaison avec HEC, un campus des managers afin de développer les talents de nos collaborateurs.
Finalement, les objectifs sont simples et il faut rester concentré sur des fondamentaux tels que la marque et les collaborateurs. L’humain est au centre de notre stratégie chez Labeyrie car comme l’a indiqué Richard Branson (Virgin) : « Si vous prenez soin de vos employés, ils soigneront votre business ». Nous avons une carte un peu différente à jouer car nous ne sommes pas à Paris mais nous sommes dans un environnement favorable (à 10 minutes des spots de surf, à 1 heure des stations de ski et de l’Espagne). Nous essayons de valoriser cet aspect-là car l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle est crucial pour les générations Y et Z.

GPO Magazine : Quels sont les challenges pour Labeyrie à court, moyen et long terme ?
J. T : On vient de fêter tout récemment les 70 ans de l’entreprise, en présence de son fondateur Robert Labeyrie, et on se projette déjà dans l’avenir. Nous avons lancé un nouveau projet d’entreprise baptisé Crea 2020 qui a vocation à accompagner le développement de l’entreprise jusqu’en 2020. Notre objectif avec ce projet est de réenchanter le monde de l’alimentaire : de l’apéritif au dessert afin de désaisonnaliser son activité. En effet, Labeyrie a longtemps été associée à une marque de fin d’année et nous voulons maintenant multiplier les occasions de consommation de cette marque. Notre ambition est d’offrir aux consommateurs une offre complète avec de nouveaux produits, de nouveaux terrains de jeu hors de la France. Après l’Europe, la Suisse, l’Asie et le Canada, nous allons attaquer l’Australie, l’Afrique aussi. Bien entendu, nous sommes présents dans les hypers et supermarchés mais nous utilisons également d’autres canaux de distribution comme le digital. Il y aura donc beaucoup d’innovation en perspective et ce d’autant que la marque Labeyrie a un potentiel énorme.

GPO Magazine : Comprenez-vous Sébastien Chabal qui a abandonné sa carrière de sportif de haut niveau pour créer son entreprise ?
J. T : Pour des sportifs de haut niveau, le challenge est de réussir leur reconversion. Il y a un certain nombre de rugbymen qui font de beaux parcours professionnels après avoir été sportifs de haut niveau. Dans ce type de reconversion, ils s’appuient sur des valeurs qu’ils avaient en tant que sportif comme la rigueur, l’engagement, la ténacité, la capacité à fédérer et la culture de la performance. En plus de leurs talents, ce sont des personnalités qui ne lâchent rien, alors forcément, ils ont des atouts supplémentaires pour être de très bons managers.

GPO Magazine : Est-ce important de ne jamais se décourager, de ne jamais renoncer ?

J. T : Pour le sportif de haut niveau, c’est évident sinon vous ne faites pas de compétition. Dans la vie de l’entreprise, quelle que soit la taille de l’entreprise, il faut des capacités de résilience, avoir des capacités à surmonter les échecs, à ne jamais renoncer. Il y a une citation assez pertinente de Nelson Mandela qui me parle et me guide : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ». Un dirigeant d’entreprise peut connaître des situations d’échec mais en ce cas, il faut en tirer les conséquences rapidement.

GPO Magazine : Labeyrie s'est engagée dans l'humanitaire. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J. T : Labeyrie est engagée dans une démarche humanitaire car nous sommes partie prenante dans des projets d’aide au niveau local. C’est ainsi que nous travaillons avec la Croix Rouge, les Restos du Cœur… Nous les aidons de plusieurs façons : en leur four­nissant nos produits directement tout au long de l’année et en encourageant nos collaborateurs à être bénévoles.  

GPO Magazine : Labeyrie a développé une démarche Certiconfiance : cet engagement pour un avenir durable en faveur de la biosécurité, de la bientraitance et de l'environnement devrait pourtant aller de soi ?  
J. T : Je ne sais pas si cela va de soi. En tous les cas, chez Labeyrie, nous faisons cette démarche et nous l’expliquons sur des supports. Nous indiquons comment nous travaillons, quels sont nos enga­gements, l’importance de cette démarche. Il y a des attentes très fortes du côté des consommateurs en termes de transparence et d’engagement. C’est ainsi que ceux-ci veulent savoir comment nos filières sont organisées, comment les animaux sont élevés et nourris. Cette démarche est une façon de rassurer les consommateurs sur la traçabilité, le respect des hommes et de l’environnement…

GPO Magazine : La philosophie de Labeyrie est de donner du goût aux bons moments… C’est quoi un bon moment pour vous ?  
J. T : Il y a de bons moments au sein de l’entreprise Labeyrie et également, heureusement d'ailleurs, en dehors de l'entreprise. Je suis en adéquation totale avec la marque car sa philosophie est de permettre de passer des bons moments en famille ou avec des amis. Elle accompagne les moments importants de la vie. Faire du sport à haut niveau n’interdit pas les plaisirs de la table, de faire la fête…


Le Groupe Labeyrie Fine Foods regroupe les marques Blini, Delpierre, Labeyrie, Lyons Seafoods
CA : 988 millions d’euros (exercice 2015-2016)
5341 collaborateurs (mars 2016)
15 usines en Europe

Labeyrie, marque du Groupe Labeyrie Fine Foods
CA : 250 millions d'euros (exercice 2015-2016)
Collaborateurs : 1500
3 sites de production dans le Sud-Ouest

Lu 16347 fois Dernière modification le mercredi, 04 janvier 2017 11:01
Linda Ducret

Linda Ducret a une double formation : littéraire (hypokhâgne, licence de philosophie) et juridique (maîtrise de droit des affaires, DESS de Contrats Internationaux). En 1987, elle devient avocate et crée son cabinet en 1990. Elle exerce pendant 15 ans dans différents domaines du droit (droit des affaires, droit pénal, droit de la famille…).

Depuis 2005, elle est journaliste avec comme terrains de prédilections : les dossiers stratégie du dirigeant, propriété intellectuelle, nouvelles technologies, Incentive...Mais également les visions et les portraits d’entrepreneurs.

Écrire est l’une de ses passions. En 2009, elle publie un roman policier Taxi sous influence, finaliste du Prix du Premier roman en ligne.

Elle a publié un recueil de nouvelles : Le Ruban Noir ainsi qu’un polar : L’inconnue du Quai Henri IV.

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