Des entreprises françaises de plus en plus responsables

RSE Écrit par  vendredi, 14 novembre 2014 04:48 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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Alors que la réglementation française sur le reporting extra-financier (article 225 de la loi Grenelle 2), s’apprête à rentrer dans sa troisième année d’application, une étude* révèle les résultats de sa deuxième édition consacrée à la RSE et aux pratiques de reporting extra-financier.

Objectif de l’étude : permettre aux entreprises de mesurer leur maturité dans la mise en œuvre de leur stratégie RSE et de leurs pratiques de reporting extra-financier, d’apprécier leur performance RSE par rapport au marché et d’identifier leurs axes d’amélioration.

La RSE levier de performance des entreprises

À ce sujet, Madame Hélène Valade, Présidente du C3D (Collège des Directeurs du Développement Durable) et Directrice du Développement Durable de Suez Environnement, a déclaré « Un nombre croissant de personnes se rend compte qu’on est à la fin du cycle de notre modèle économique actuel : la vision de la performance change, elle n’est plus uniquement financière mais globale, à savoir, économique, environnementale et sociale. Cette idée fait son chemin dans la tête des dirigeants d’entreprise. D’autre part, le reporting engendré par l’article 225, structure les démarches et permet de les piloter. Ces deux facteurs s’additionnent pour créer une vraie dynamique, et ancrer le reporting RSE au niveau du management, avec des indicateurs extra-financiers fondés à être utilisés comme des indicateurs de pilotage de la performance globale ».

Dans cette veine, si 58 % des répondants considèrent la RSE comme un véritable levier de performance ou comme pleinement intégrée au Business Model, seulement 8 entreprises mesurent et se fixent des objectifs de ROI pour les actions déployées dans le cadre de leur démarche RSE.

Une gouvernance RSE renforcée

On constate un renforcement de la gouvernance de la RSE au sein des entreprises. Ainsi, 83 % des répondants ont un(e) directeur(trice) du développement durable ou directeur RSE et 38 % d’entre eux sont membres du comité de direction.

Par ailleurs, près de deux entreprises sur trois sont dotées d’un comité RSE ; on note que certaines directions comme, Audit et contrôle interne, Risques, Commerciale, Logistique ou encore SI sont peu impliquées dans ces comités. 

Des éléments structurants très perfectibles

L’intégration de la RSE dans le business model des entreprises est encore très perfectible. Ainsi, peu de dirigeants ont des objectifs et des salaires indexés sur des critères RSE (25 % des directeurs généraux ont des objectifs RSE et seulement 4 entreprises indexent le salaire du directeur général sur des critères RSE). On observe également la faible corrélation du management des risques avec la stratégie RSE des entreprises (25 % des stratégies RSE découlent de l’identification des risques).

 

 

Des référentiels internationaux qui se généralisent

Ainsi, l’ISO 26000 monte en puissance avec 54 % de l’échantillon l’utilisant, quand une entreprise sur deux adhère au Pacte Mondial. Si les parties prenantes sont désormais considérées comme incontournables, on note toutefois que le dialogue avec les parties prenantes et surtout leur implication dans l’évaluation des enjeux avec le test de pertinence (test de matérialité) sont encore assez limités. 44 % des entreprises ont cartographié leurs parties prenantes quand 13 % d’entre elles ont effectué un test de pertinence en interrogeant leurs parties prenantes. On note que seulement 5 entreprises ont identifié et cartographié leurs parties prenantes au niveau de leurs sites.

 

De nouvelles opportunités au-delà de la seule la conformité réglementaire

Qu’elles soient soumises (73 %) ou non (27 %) au décret n°2012-557 du 24 avril 2012, relatif aux obligations de transparence des entreprises en matière sociale et à l’arrêté du 13 mai 2013, déterminant les modalités dans lesquelles l’organisme tiers indépendant (OTI) conduit sa mission, un peu plus de la moitié des entreprises se contentent de respecter les exigences réglementaires. Mais signe d’une très nette maturité, un peu plus d’un tiers de l’échantillon estime que la première raison de la mise en place d’un reporting est son inscription dans la logique de la démarche RSE engagée. On remarque que 6 SAS non cotées ont mis en place un reporting (alors que le statut SAS n’est pas visé par les dispositions réglementaires).

Reporting RSE et référentiels

Comme pour la mise en œuvre des démarches RSE, le reporting extra-financier s’appuie sur des référentiels. En revanche, si 17 entreprises disent utiliser la GRI (dont 4 la GRI G4), seulement 7 de ces entreprises sont en conformité avec les lignes directrices préconisées par ce référentiel ; l’usage des indicateurs GRI(1) pour la table de concordance art.225/ISO 26000/Pacte Mondial/Principes de l’OCDE…reste donc majoritaire et montre que les entreprises ont une marge de progression sur ce point.

Bien collecter (reporting) pour mieux publier (rapport)

Le rapport dédié est utilisé par plus de la moitié du panel. Seulement 4 entreprises réalisent un rapport intégré et seulement 10 % du panel fait évaluer son rapport par ses parties prenantes. Si 33 entreprises (71 %) déclarent avoir mis en place un reporting pour communiquer concrètement leurs engagements à leurs parties prenantes, seulement 21 entreprises (41 %) utilisent leur rapport comme outil de dialogue avec leurs parties prenantes !
Si un tiers des entreprises est soumis à une notation extra-financière (dont 40 % se soumettent volontairement), on constate que les relations avec les agences restent très procédurales ; ainsi, aucune entreprise n’établit de réel dialogue pour comprendre les attentes des agences de notation.

Conclusion de l’étude

Si la RSE est considérée comme un levier de performance par une majorité d’entreprises, le reporting extra-financier reste majoritairement un outil de constat, un outil de contrôle du passé. Ce n’est pas encore un véritable outil de pilotage de la performance supporté par des KPIs et des objectifs de progrès. Quant au rapport RSE, il est encore surtout vu comme un outil de communication plus qu’un outil de dialogue avec les parties prenantes.

Bertrand DESMIER - Directeur Conseil RSE

www.tennaxia.com
 

1. GRI : Global Reporting Initiative 

* Étude Tennaxia : L’échantillon se compose cette année de 48 entreprises (32 entreprises non cotées et 58 % des répondants affichent un profil de grande entreprise.) contre 22 en 2013. Un nombre d'entreprises interrogées s'élevant à 190 pour cette année contre 145 l'année passée. Un retour de 25 %, contre 15 % en 2013, qui pourrait être interprété comme un premier signal de l'intérêt porté au sujet et de sa montée en puissance.

 

 

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