La maîtrise des risques des ETI et PME, état des lieux et perspectives

Etudes Écrit par  mardi, 07 novembre 2023 10:04 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
Évaluer cet élément
(2 Votes)

BM&A, groupe innovant de conseil et d’audit indépendant, et Altares, expert de l’information sur les entreprises, viennent de publier les résultats de leur étude “ETI et PME : Maîtrise des risques, où en êtes-vous ?”, réalisée avec le soutien de Middlenext, auprès de 100 dirigeants : directeurs généraux, directeurs financiers, directeurs des risques et du contrôle interne, de PME et ETI cotées (56 %) et non cotées (44 %).

En s’intéressant au sujet de la maîtrise des risques au sein des sociétés interrogées, BM&A et Altares ont voulu comprendre les démarches enclenchées et évaluer leur niveau de maturité. Quels leviers activent les entreprises pour avancer ? Quels dispositifs sont en place ? Pour quelle valeur ajoutée et avec quels facteurs clés de succès ?

Déployer un dispositif de maîtrise des risques ne fait plus débat

Pour la quasi-totalité des entreprises interrogées par BM&A et Altares, la question du déploiement d’une politique de contrôle interne sonne comme une évidence : 96 % d’entre elles déclarent en effet avoir un dispositif de maîtrise des risques ou prévoient d’en mettre un en place prochainement, mais à peine un quart d’entre elles jugent leur dispositif satisfaisant.

Pour 70 % des dirigeants, la mise en mouvement a été initiée par un besoin d’accompagnement de la croissance (organique, externe, développement international, changement d’actionnaire). Pour 2/3 d’entre eux, il s’agissait aussi d’une réponse aux exigences réglementaires : introduction en bourse, Sapin 2, RGPD, RSE, …. La prise de conscience vient donc rarement d’un accident ou d’une crise.

Comme le souligne un directeur général du secteur de l’industrie d’une société cotée interrogé : « Il n’y a pas de hiérarchie des risques. Les failles finissent toujours par se traduire financièrement mais c’est le risque réputationnel qui est le plus important pour nous, car les conséquences sur le business peuvent être plus durables ».

Après le besoin, la volonté

En termes de maturité, on observe une dichotomie claire entre entreprises cotées et non cotées, les premières étant plus avancées en matière de contrôle interne, et également plus exigeantes avec elles-mêmes, notamment du fait de la transparence attendue de la part de ces sociétés sur leurs dispositifs de maîtrise des risques.

Dans ce contexte, la direction a un rôle essentiel. Elle en constitue l’atout maître. Comment ? En fédérant les différentes fonctions, en arbitrant la feuille de route et en insufflant cette culture du contrôle interne animée par un chef d’orchestre ad hoc (le responsable du contrôle interne).

En effet, « il ne faut pas confondre chef d’orchestre et homme-orchestre. La maîtrise des risques doit d’abord être portée par les opérationnels. Le responsable du contrôle interne a un rôle d’animation transverse, il s’assure de la priorisation, de la cohérence et de la proportionnalité des réponses apportées, avec une vision à 360 degrés », nous partage Caroline Allouët, Associée BM&A à l’initiative de l’étude.

Après la volonté, l’ambition

Adopter cet état d’esprit, c’est se donner l’opportunité de voir les leviers potentiels des contraintes réglementaires. Si bien que les sujets réglementaires tels que Sapin 2, RSE, Vigilance sont mieux maîtrisés et déployés au sein des entités dont le contrôle interne est jugé satisfaisant.

C’est aussi se doter de la boîte à outils ad hoc : les sociétés les plus avancées disposent à 90 % de codes de conduite, de référentiels de risques, de procédures. Elles les intègrent dans leurs systèmes d’information, et les outillent avec des solutions technologiques ad hoc, analyse de données comptables et évaluations des tiers en premier lieu.

De fait, le niveau de maîtrise des risques varie selon les thématiques traitées. Les sujets les plus financiers sont les plus matures tandis que les sujets « nouveaux », liés notamment à la RSE, se cherchent encore.

« Connaître et maîtriser ses risques, un sujet longtemps perçu comme relevant de la transparence de l’information financière et d’un contrôle de ces informations, a changé de contours et de dimensions. Les entreprises passent du contrôle a posteriori à la prévention, de la finance à l'ensemble des opérations, et surtout d’une vision interne des processus à un regard porté au-delà des frontières de l’entreprise, englobant ses tiers (fournisseurs, partenaires, clients) et l’impact de ses activités sur l’environnement et la société », analyse Anne-Sophie de Lambertye, M&A and Strategic Initiative Director de Altares.

La maîtrise des risques, vecteur de création de valeur

Les bénéfices du dispositif se manifestent en termes de performance, de sécurité et de confiance : au-delà de la question de la croissance, s’intéresser à la maîtrise des risques, c’est évidemment s’offrir plus de sérénité grâce à une meilleure définition des responsabilités (pour 65 % des entreprises l’ayant mis en place) et une meilleure prévention des erreurs (58 %) mais aussi une amélioration de la confiance des parties prenantes externes (41 %) et davantage de sécurité pour les collaborateurs (30 %).

A contrario, les risques perçus d’un contrôle interne faible sont d’abord financiers (57 %) et réputationnels (55 %).

Tandis que le contrôle interne est encore souvent considéré comme un sujet de Direction Financière, les gains réalisés sont donc avant tout opérationnels via l’amélioration constatée de l’efficacité de la chaîne de valeur et la réponse aux attentes des parties prenantes.

« La décision d’allocation des ressources et les arbitrages entre les priorités (les ressources n’étant pas extensibles) sont clés. Les bénéfices constatés et l’importance des risques liés à un contrôle interne faible doivent permettre d’ouvrir cette discussion au niveau de la direction dont le soutien est indispensable. Il faut une vraie vision et volonté stratégique pour accepter ce saut qualitatif et promouvoir le changement culturel qu’il implique. Une fois ces étapes passées, la maîtrise des risques devient un moteur pour optimiser son organisation et ses performances », conclut Caroline Allouët.


Pour ce premier opus, 100 dirigeants de sociétés PME ou ETI dont le CA se situe entre 10 millions et 3 milliards d’euros, ont été interrogés au cours du printemps 2023 par BM&A, Altares et Middlenext directement.

Lu 407 fois Dernière modification le mardi, 07 novembre 2023 10:24
La rédaction

Le service Rédaction a pour mission de sélectionner et de publier chaque jour des contenus pertinents pour nos lecteurs internautes à partir d’une veille approfondie des communiqués de presse pour alimenter les rubriques actualité économiques, actualités d’entreprises, études ou encore actualités sectorielles. Pour échanger avec notre service Rédaction web et nous faire part de vos actualités, contactez-nous sur redaction@gpomag.fr

Le magazine digital

Inscrivez-vous à notre édition digitale pour feuilleter gratuitement le prochain numéro

inscrit.png   

Paru le 4 mars 2024
GPO Magazine N°113
Demandez votre exemplaire au service Vente au numéro

Lire l'extrait GPO 113.png

Paru le 27 novembre 2023
Édition Spéciale Transformation digitale
Recevez-le dès aujourd'hui !
Abonnez-vous à l'année en cliquant ici

Vignette Lire un extrait HS Transfo Digitale.png

Livres Blanc et E-book

Le Système d'Exploitation Hybride Windows 11 de Microsoft Booste la Productivité et la Sécurité en Entreprise
Microsoft a récemment dévoilé Windows 11, son dernier système d'exploitation, qui s'adapte parfaitement au mode…
Quelle stratégie pour établir une relation commerciale durable en Allemagne : un guide pour les dirigeants d’entreprises françaises
L'Allemagne, premier partenaire commercial de la France, demeure un marché d'exportation incontournable pour les entreprises…
Comment favoriser sa transition vers une économie mondiale durable ?
La CSRD contribue à l’objectif de l’Union européenne de promouvoir une économie durable et responsable,…
Plus de livres blanc

Webinaires

Facturation Électronique 2024 : une opportunité de performer pour les entreprises !
Une enquête de Wax Digital a révélé que 70 % des professionnels de la comptabilité…
Comment faire prospérer son entreprise dans la conjoncture actuelle ?
Pour accompagner les entreprises au plus près de leurs préoccupations, les experts de KPMG, Crédit…
Comment aborder la fin du « quoi qu’il en coûte » ?
Symboles du « quoi qu'il en coûte » comme réponse au Covid-19, les prêts garantis…
Plus de webinaires

Services aux entreprises

è Comment les données et l’IA peuvent révolutionner les prises de décision ?

L'impact que les données peuvent avoir sur l’entreprise et comment des outils technologiques permettent d’exploiter ces données de manière efficace et sécurisée.

Visualiser la vidéo sur notre chaîne en cliquant ici


è
 Découvrez le réel impact de Windows 11 Professionnel

Grâce à la sécurité activée par défaut, les entreprises du monde entier prennent des initiatives plus audacieuses et des décisions plus rapides.

 
è Facturation électronique 2026

Un guide détaillé sur les étapes clés pour réussir son passage à la facturation électronique 2026 et franchir le pas de la dmatérialisation, avec tous les bénéfices qui l'accompagnent.

LB Facturation electronique 2026 Docuware.png

 

è  BUSINESS FRANCE : Établir des relations commerciales en l'Allemagne

L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la France et représente le plus fort potentiel à l'export de la France à horizon 2025. Ce marché à la fois passionnant et exigeant mérite d'adopter une stratégie durable pour établir une relation commerciale sur le long terme. Tel est l'objectif de ce livre blanc de 64 pages intitulé "Quelle stratégie pour établir une relation commerciale avec l'Allemagne", proposé par Business France et ses partenaires de la Team France, et téléchargeable gracieusement.

 Couverture Livre Blanc Business France Allemagne.png

 
è  SYLOB : ERP pour l'industrie

Anticiper les évolutions industrielles et se projeter dans l'usine intelligente du futur, tels sont les objectifs visés par ce guide pratique de 20 pages à destination des PME intitulé "Industrie 4.0 & ERP", proposé par Sylob et téléchargeable gracieusement.

Couv Sylob CTA.png

 

 

GPO Magazine

GPO Magazine, pour Gérer, Prévoir et Optimiser les ressources de l'entreprise est un magazine d'aide à la décision bimestriel, axé sur l'optimisation de la gestion d'entreprise, pour concrètement guider ses lecteurs dirigeants dans leurs réflexions stratégiques, leurs démarches opérationnelles, la gestion de leurs droits et dans le choix de leurs partenaires.

Une ligne éditoriale concrète et pertinente qui conjugue tendances, cas concrèts et témoignages, dossiers d'analyse, dossiers marchés, dossiers métiers, focus, point de droit, point international, point fiscal. Plus des " Avis d'Experts ".

Contactez-nous

Nos autres sites d'information

Twitter - Derniers posts