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Altares-D&B présente son étude semestrielle sur les Comportements de paiement des entreprises en France et en Europe

Etudes Écrit par  mardi, 23 septembre 2014 09:43 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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Altares-D&B, membre du réseau Dun & Bradstreet, 1er réseau international d'informations BtoB, présente son étude trimestrielle sur les comportements de paiement des entreprises en France et en Europe au cours du 1er semestre 2014.

 

« En France, le crédit interentreprises représente 600 milliards € et « coûte » des milliers de dépôts de bilan. Ces délais de règlement négociés ou subis pèsent lourdement sur les économies. » commente Thierry Millon, Responsable des Etudes d'Altares-D&B. « Aujourd'hui encore, trop d'entreprises sont tentées d'attendre la relance du créancier avant de payer la facture ; et trop de créanciers attendent le reporting mensuel pour lister les retardataires. Ce semestre, les retards de paiement handicapent de nombreux acteurs qui pour certains seront poussés vers la « faillite » dans quelques mois, voire quelques semaines.

 

Dans un contexte économique sans dynamique sur le premier semestre 2014, les entreprises françaises amorcent une amélioration de leurs comportements de paiement, d'abord timide en début d'année puis sensible en début d'été. En moyenne, les retards de règlement retombent légèrement sous la barre des 12 jours. Pourtant, des efforts restent à faire ; encore moins d'un tiers des entreprises françaises (32%) payent leurs fournisseurs sans retard, c'est un peu mieux qu'en Grande Bretagne (28%) mais très loin de la performance allemande (70%).»

 

 

En France : Un léger mieux sur un an mais encore insuffisant pour soulager durablement les trésoreries.

Le premier semestre 2013 avait été le plus délicat de la décennie en matière de comportement de paiement des entreprises. La part des règlements effectués sans retard était au plus bas (31,3%) tandis que les retards de plus de 15 jours étaient quasiment au plus haut (31,7%). Les trésoreries étaient mises à dure épreuve et l'année allait, comme en 2009, dénombre plus de 63 000 d'entreprises défaillantes.

Le premier semestre 2014 démarre mieux. En effet, bien qu'encore très timide, une amélioration des comportements de paiement s'amorce, notamment sur les grands retards. Si la fluidité des échanges économiques ne peut se satisfaire de moins d'un tiers (32%) de « bons payeurs », il est heureux de constater que les retards de plus de quinze jours (31,1%) reculent. Les retards de paiements d'aujourd'hui portent les défaillances d'entreprises des prochains mois ; aussi, l'amélioration de ce premier semestre est de nature à envisager une deuxième partie d'année 2014 meilleure que ne le fût celle de 2013. Toutefois, la tendance devra être plus marquée sur cette rentrée 2014 pour pouvoir espérer s'écarter du plateau des 63 000 procédures collectives annuelles.

 

Les petites entreprises restent vulnérables

La ponctualité des règlements est inversement proportionnelle à la taille de l'entreprise. Ainsi, alors que près de quatre microentreprises sur dix (37,6%) payent leurs fournisseurs à la date prévue, elles sont moins d'une sur dix (8,5%) lorsqu'elles emploient plus de 250 salariés.

« Les dirigeants de petites entreprises n'ont ni le temps ni les moyens de retarder les règlements des fournisseurs. Chez les ETI et grandes entreprises, la crise de 2008 a accéléré la mise en place d'une démarche de maitrise des risques, en particulier fournisseurs. Pour des questions de performance financière mais aussi économique d'ordre organisationnel, géopolitique, environnemental ou de conformité, ces grands acteurs se sont dotés d'outils de gestion des risques fournisseurs. Or, ces bonnes pratiques imposent en particulier une rigueur « administrative » de toute la chaine de facturation ; un document non conforme suffit alors à bloquer le règlement. » observe Thierry Millon.

Au-delà de « l'administration » de leur traitement, se pose la question des finances nécessaires au paiement de ces factures. L'analyse des comptabilités confirme la fragilité des trésoreries ce premier semestre 2014.

Plus de 6% des microentreprises, comme un an plus tôt, reportent leurs règlements de plus de trente jours. C'est deux fois plus que pour les ETI et grandes entreprises dont le taux tombe sous les 3%. Or, à partir de trente jours de retard de paiement, la probabilité que l'entreprise dépose le bilan est multipliée par six. Si le risque diminue pour les ETI, il reste donc élevé pour les TPE en ce début d'année.

Les PME (10 à 250 salariés) tentent de résister. Elles sont, cependant, moins d'une sur quatre (23,3%) à payer leurs fournisseurs à l'heure, et ce taux tend à se réduire encore. Dans le même temps, les « petits » retards, inférieurs à quinze jours sont plus nombreux ce premier semestre 2014 (43,7% contre 43,1% il y a un an).

« Ces petits retards traduisent généralement davantage un recours au crédit fournisseurs pour compenser des factures clients en attente d'encaissement, plutôt qu'un défaut patent de trésorerie. Néanmoins, ces reports de quelques jours, peu visibles, chez le fournisseur sont sournois. Le fournisseur est généralement attentif à un retard de règlement excessif en valeur ou en délai mais n'accorde pas suffisamment d'importance aux petits retards dont la multiplication peut compromettre gravement sa santé financière.»

 

 

Le Bâtiment signe les améliorations les plus sensibles, les services informatiques et l'élevage dérapent

Les entrepreneurs du bâtiment sont les plus respectueux des délais de règlements. 44,8% payent leurs fournisseurs à l'heure, soit 2,4% de mieux qu'il y a un an. C'est à la fois, le meilleur taux sectoriel et la plus forte amélioration du semestre. Dans ces conditions, la moyenne des jours de retard tombe sous les 9 jours (8,9 jours). L'immobilier fait également des efforts ce début d'année, mais seulement 25 % des professionnels respectent les délais. Dans ce secteur, les trésoreries restent fragiles et plus d'une entreprise sur dix (11%) reportent ses règlements de plus de trente jours.

Dans les services informatiques et édition de logiciels, les comportements de paiement se dégradent rapidement. 26,3% des acteurs, contre 30% un an plus tôt, respectent les délais de règlements. Désormais, plus de quatre entreprises sur dix (40,5%) reportent leurs règlements de un à quinze jours, c'est 6,4% de plus que début 2013.

L'agriculture s'essouffle. C'est surtout dans l'élevage que se concentrent les tensions les plus fortes. Plus d'un éleveur sur dix (10,1%) paye ses fournisseurs avec des retards supérieurs à trente jours, c'est 3,2% de plus qu'il y a un an.

 

 

L'Industrie manufacturière et les services aux entreprises tentent de résister

Dans l'industrie manufacturière, comme dans les services aux entreprises, à peine plus d'un quart (26,5%) des entreprises payent leurs fournisseurs à l'heure. En revanche, dans ces deux secteurs, la part des retards de plus de quinze jours diminue et tombe respectivement de 30% à 28,5% et de 37,9% à 37,5%.

Dans leur sillage, le transport routier de marchandises ne parvient pas à dégager une tendance claire. Si un transporteur sur cinq (20,3 %) respecte les délais de règlements, soit légèrement plus que début 2013 (19,5%), 7,6% retardent les paiements de plus de trente jours contre 7,2% il y a un an.

 

 

Les activités plus proches du consommateur restent hésitantes

Alors que le commerce de détail s'inscrit sur des tendances bien orientées, la restauration et les services à la personne souffrent encore.  35,1% des détaillants, contre 34,8% début 2013, payent leurs fournisseurs sans retard. Mieux encore, les retards supérieurs à quinze jours sont en recul ; ils tombent de 30% à 28,8%. Dans la restauration, en revanche, 47,8% des professionnels reportent leurs paiements de plus de quinze jours (dont 10,2% au-delà de trente jours), c'est 1,7% de plus sur un an.

Pour la coiffure et les soins de beauté, les comportements de paiement sont très clivés ; Si 35,4% (+3%) des acteurs respectent les délais de règlements, la proportion des longs retards augmentent rapidement ; désormais, plus d'un sur dix reportent ses paiements de plus de trente jours contre 8,4% il y a un an.

 

 

Un frémissement dans de nombreuses régions

Limousin et Poitou-Charentes font figure de bons élèves. Dans ces deux régions, la ponctualité des paiements est portée par plus de 40% des entreprises ; le retard moyen s'affiche ainsi sous le seuil des 9 jours. A l'inverse, en Ile-de-France, seulement 22% des entreprises respectent les délais de règlement, taux en retrait de 1,4% sur un an. Dans ces conditions, le retard moyen y est plus élevé qu'ailleurs, à 14,3 jours.

 

 

En Europe : Depuis un an, les retards de paiement buttent sur le seuil des 14 jours comme au plus fort de la crise 2008-2009.

Sur le deuxième trimestre 2014, une légère détente des comportements de paiement des entreprises est constatée en Europe. Trop timide, elle ne permet toutefois pas de redescendre sous le seuil des 14 jours. Après un pic à 14,8 jours atteint en hiver, comme au plus fort de la crise, le retard moyen revient à 14,5 jours au début de l'été.
Sur le premier semestre, l'Allemagne reste une référence avec des retards de règlement sous les 7 jours, devant les Pays-Bas (9,4 jours) et la Belgique (11,3 jours). La France reste au pied du podium (11,9 jours) mais pourrait accrocher la troisième place sur la deuxième partie de l'année, les comportements de paiement des entreprises belges se détériorant sur ce début d'année contrairement à leurs voisines françaises.
Les retards de règlement demeurent sur des niveaux historiquement hauts en Italie (21,2 jours) et au Portugal (32,5 jours). Ils diminuent sensiblement en Espagne depuis le printemps mais restent au-dessus de 16 jours pour se situer au début de l'été à 16,8 jours comme en Grande-Bretagne.
 
Confirmation d'un début d'année 2014 compliqué pour les entreprises en Europe, les retards de paiement supérieurs à trente jours sont plus fréquents. Près d'une entreprise sur dix (9,9%) reporte ses règlements d'au moins un mois contre 9,3% un an plus tôt et 8,2% deux ans auparavant.

 

 

L'Italie s'enfonce encore tandis que l'Espagne se redresse vite. En Italie, la proportion d'entreprises reportant leurs règlements d'au moins trente jours avait bondi à 17% fin 2008. Il avait fallu attendre le premier semestre 2011 pour voir ce taux redescendre sous les 11%. Mais depuis le deuxième semestre 2012 la situation se dégrade à nouveau et rapidement ; les retards de plus de trente jours sont alors observés pour plus de 14% des entreprises, taux qui va grimper à 16% sur le premier semestre 2013 et près de 18% (17,6%) sur les six premiers mois 2014.

L'Espagne présente une tendance inverse et un redressement rapide. Ainsi, le taux d'entreprises présentant des grands retards culminait à 18% sur le premier semestre 2010 avant de retomber sous les 16% début 2012, sous les 14% début 2013 et approcher désormais les 12%.

Les fournisseurs peinent encore à se faire régler au Royaume-Uni. Les comportements de paiement des entreprises britanniques s'étaient sensiblement améliorés au cours du premier semestre 2013 avant de se dégrader à nouveau sur la deuxième partie de l'année puis sur ce premier semestre 2014. Ainsi, plus d'une entreprise sur dix (10,9%) reportent encore leurs règlements fournisseurs de plus d'un mois.

En Belgique comme en France, la part des grands retards est stable aux environs, respectivement, de 6% et 5,5%.

Sur le podium européen, l'Allemagne, toujours particulièrement vertueuse, affiche un taux remarquablement bas à seulement 1,1% de grands retards. Les Pays-Bas repassés sur la barre des 4% au printemps 2013 conservent la deuxième place avec un taux de paiement tardifs à 4,6%.

« Reflétant un contexte économique atone et parfois récessif, les comportements de paiement des entreprises européennes peinent à s'améliorer sur ce premier semestre 2014. Coincées entre une demande domestique faible et une concurrence internationale âpre, les entreprises tentent pourtant de conserver leurs clients nationaux et conquérir des marchés à l'export. Cette bataille commerciale se gagne sur le terrain de la compétitivité, celle des coûts comme celle de la qualité perçue par les clients. Pour rester dans la course, innover, voire se réinventer, l'accès au financement reste une clé essentielle. Mais les contraintes prudentielles qui encadrent la distribution de crédits sont fortes et conduisent de plus en plus les entreprises à aborder différemment leur chaine de financement, à commencer par les encaissements clients et les règlements fournisseurs.

En France, le crédit interentreprises représente 600 milliards € et « coûte » des milliers de dépôts de bilan. Ces délais de règlement négociés ou subis pèsent lourdement sur les économies. Aujourd'hui encore, trop d'entreprises sont tentées d'attendre la relance du créancier avant de payer la facture ; et trop de créanciers attendent le reporting mensuel pour lister les retardataires. Ce semestre, les retards de paiement handicapent de nombreux acteurs qui pour certains seront poussés vers la « faillite » dans quelques mois, voire quelques semaines.

L'enjeu est donc considérable et justifie les initiatives portées par les acteurs publics et privés en France, notamment l'action de la médiation interentreprises, en Europe sous l'impulsion de la Commission européenne, mais aussi outre Atlantique, avec la mobilisation de la Maison Blanche début juillet pour tenter de reproduire dans le privé les succès du programme Quickpay qui, depuis 2011, demande aux organismes fédéraux d'accélérer les règlements, en particulier vers les petites entreprises.

La France semble s'accommoder d'être championne d'Europe des petits retards de paiement. Pourtant, ces reports de moins de 15 jours privent les fournisseurs et sous-traitants des TPE et PME françaises des fonds nécessaires à leur croissance. La compétitivité se gagne aussi par la mesure de la qualité de la relation avec les fournisseurs.» conclut Thierry Millon.

 

 

Lu 2723 fois Dernière modification le mardi, 09 juin 2015 15:05
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