La Blockchain révolutionne les processus métier

La Blockchain révolutionne les processus métier

Évaluer cet élément
(4 Votes)

La technologie Blockchain est annoncée comme une rupture profonde dans de nombreux secteurs industriels. Nombreux sont ceux qui s'interrogent sur cette technologie, comme sur les perspectives de son intégration dans leurs processus métier. Nous proposons un éclairage sur les choix d'ores et déjà disponibles dans le respect de l'existant, pour un retour sur investissement immédiat et maximal et des risques contrôlés.

Qu’est-ce que la blockchain ?
Une blockchain est un registre, un livre de comptes, fournissant un référentiel de transactions et de dates partagé, répliqué et sécurisé par un réseau de participants. Cette structure de données très simple (une chaîne de blocs de transactions) a été popularisée par la monnaie électronique Bitcoin. L’idée extraordinaire de Bitcoin a consisté à rendre impossible une double dépense par un mécanisme de consensus distribué sur un réseau pair à pair, et par la rémunération équitable des acteurs contribuant à ce consensus (que l’on appelle les ‘mineurs’).
Le consensus Bitcoin, appelé preuve de travail (Proof of Work – PoW), permet de rendre inviolable la blockchain sous jacente par des calculs adaptés automatiquement à la puissance du réseau, qui est aujourd’hui phénoménale (autour de 2 ExaHashes par seconde en Octobre 2016, ce qui dépasse plus de 500 fois la puissance cumulée de tous les supercalculateurs de la planète).
Les blockchains publiques reposant sur la preuve de travail offrent une garantie théorique d’inviolabilité dans le futur (impossibilité de réécrire l’histoire, même si le réseau de mineurs s’arrêtait), et la possibilité d’un audit public. Aujourd’hui, il est raisonnable de dire que Bitcoin supporte la plus prouvée de toutes les blockchains.

Pourquoi y a-t’il plusieurs blockchains ?
L’idée fondatrice de Bitcoin a été reprise par de nombreux acteurs, pour en améliorer ce qui pouvait être perçu comme des limitations. Par exemple Litecoin puis ZCash rendent la preuve de calcul plus difficile aux circuits dénués de mémoire (et donc démocratisent le minage). NXT remplace la preuve de travail par des droits de vote basés sur une preuve de possession (Proof of Stake – PoS – qui réduit le coût énergétique du PoW) et permet de créer votes, monnaies, produits et places de marchés. Ethereum permet d’inclure dans les transactions des programmes inviolables qui deviennent impossibles à arrêter (des Smart Contracts). Monero, ZCash visent l’anonymisation des échanges. Ripple, BitShares sont des infrastructures décentralisées de transferts de valeurs et de places de marché. Il y a aujourd’hui une centaine de monnaies cotées sur les échanges, dont une vingtaine d’importance significative.

Qu’est-ce qu’une blockchain privée ?
Il est possible de répliquer et de modifier à l’infini le code Open Source des crypto monnaies, y compris sur des réseaux de serveurs privés. Cela a été utilisé pour créer des gags (DogeCoin) et des escroqueries. Banques, assurances et d’autres industries ont commencé à rendre publiques, dès 2015, des expérimentations sur des blockchains privées (parfois dites ‘permissionnées’), voire à rendre ces technologies accessibles à leurs consortiums ou clients (R3, Hylerledger). Des opérateurs de cloud et des start-ups proposent également le concept de Blockchain as a Service (Microsoft, Utocat).

Quand et pourquoi utiliser une blockchain ?
En marge de leur utilité native de transfert d’unités de compte, toutes les blockchains permettent d’attacher des données aux transactions, notamment pour fournir des services complémentaires (votes, sous monnaies, smart contracts). Mais toute donnée inscrite dans une transaction est de facto publiquement auditable et horodatée par la blockchain.
Il a été compris très tôt que ce mécanisme formait la base d’un puissant système de notarisation. Ainsi, même l’espace réduit de 40 caractères libres d’une transaction Bitcoin peut naturellement être utilisé pour enregistrer, pour toujours, à une date donnée, la preuve cryptographique (un ‘hash’) de l’existence d’une donnée ou d’un fichier. Cela permet la publication d’une preuve d’invention (enveloppe Soleau), d’un copyright photographique, d’une preuve de patrimoine ou de sinistre, éléments au cœur de nouvelles offres logicielles (UProov, Bitproof), qui plus est assorties de signatures numériques identifiant l’émetteur (KeeeX).

Quand et pourquoi utiliser une blockchain privée ?
Une blockchain privée perd la propriété d’être théoriquement immune à toute altération. Cela devient une structure de données répartie, dont la sécurité est assurée par ses utilisateurs, selon les procédures habituelles. Certains aspects techniques du réseau pair à pair associé restent toutefois utiles. En s’inspirant du code d’Ethereum, on dispose d’une infrastructure répartie de ‘smart contracts’, des programmes s’exécutant automatiquement sous le contrôle de l’ensemble du réseau, ce qui fournit une résilience opérationnelle. En répliquant NXT, on dispose d’un code Java permettant de créer des micro-monnaies, des places de marché et des systèmes de vote décentralisés, également dans des conditions de résilience intéressantes dès lors que l’on fait fonctionner plusieurs nœuds.

Comment utiliser une blockchain dans des processus métier ?
Les blockchains permettent également d’intégrer transferts, smart contracts, horodatages et signatures dans les processus métier. Toutes sont accessibles au moyen d’interfaces de programmation simples (des APIs).
On considère aujourd’hui difficile de déplacer l’ensemble d’un processus métier vers une blockchain exécutable comme Ethereum, car les situations de retour à l’humain y sont très complexes à implémenter, même pour des cas simples, et les risques opérationnels induits par un code inaltérable et impossible à arrêter sont insupportables.
A contrario, un champ immense d’amélioration est ouvert par les seules fonctions d’horodatage, de signature et d’intégrité car il est souhaitable que ces preuves soient immuables. Ces fonctions trouvent de plus un complément idéal avec la technologie révolutionnaire d’intégrité auto-portée par les données de KeeeX, qui crée une véritable blockchain des données et qui permet d’intégrer multisignatures et dates certaines dans tout processus en constituant un dossier de preuve sans infrastructure supplémentaire.



Lu 23007 fois Dernière modification le jeudi, 13 octobre 2016 15:37
Laurent Henocque

Laurent Henocque, Fondateur et CEO de KeeeX

Polytechnicien, Docteur en Mathématiques et Informatique de l'Université d'Aix Marseille, habilité à diriger les recherches, il a exercé comme ingénieur informaticien, puis comme enseignant en génie logiciel et interfaces homme machine, et chercheur en Intelligence Artificielle à Polytech Marseille.

Annonces

Documation 300250

Annonces

Banner Big Data Paris 300x250

Annonces

DG RFIT2020 banniere 300x250

Le magazine digital

Inscrivez-vous à notre édition digitale pour feuilleter gratuitement le prochain numéro

   je m inscris test

Vient de paraître l'édition de Mars 2020
Recevoir la version numérique en cliquant ici

Capture d’écran 2020-03-16 à 12.26.08.png

Livres Blanc et E-book

Accélérer la transformation digitale de la comptabilité fournisseurs
Les équipes comptables se doivent d’engager leur transformation digitale pour éliminer les travaux de saisies…
Plus de livres blanc

Webinaires

Comment aborder le télétravail dans les meilleures conditions ?
Les nouveaux défis auxquels nous faisons face amènent les entreprises à recourir de plus en…
Les différentes étapes pour anticiper la sortie de crise
L'équipe Décidem, Cabinet de conseil spécialisé dans les défis humains, propose gratuitement son prochain webinar…
Plus de webinaires

Connexion

Devenir membre de GPOMag.fr vous permettra de bénéficier de nombreux avantages réservés uniquement aux membres : Recevoir l'édition digitale mensuelle, Feuilleter les cahiers thématiques et les télécharger gratuitement, Feuilleter gratuitement les derniers numéros de l'année en cours, Télécharger le planning rédactionnel pour connaître les sujets de la Rédaction à venir.

GPO Magazine

GPO Magazine, pour Gérer, Prévoir et Optimiser les ressources de l'entreprise est un magazine d'aide à la décision bimestriel, axé sur l'optimisation de la gestion d'entreprise, pour concrètement guider ses lecteurs dirigeants dans leurs réflexions stratégiques, leurs démarches opérationnelles, la gestion de leurs droits et dans le choix de leurs partenaires.

Une ligne éditoriale concrète et pertinente qui conjugue tendances, cas concrèts et témoignages, dossiers d'analyse, dossiers marchés, dossiers métiers, focus, point de droit, point international, point fiscal. Plus des " Avis d'Experts ".

Contactez-nous

Nos autres sites d'information

Twitter - Derniers posts

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.