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L’uberisation, un modèle économique avant tout technologique

Actu Technologies Écrit par  mercredi, 12 décembre 2018 13:38 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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« Uberisation », ce mot est partout dans les médias depuis quelques années. L’origine de ce terme est attribuée à Maurice Lévy, l’ancien PDG de Publicis Group qui décrit ainsi un nouveau modèle économique. L’uberisation serait donc ce modèle qui permet aux professionnels d’être en contact direct avec le client pour une prestation de service. Mais au-delà du modèle économique, l’uberisation est avant tout une avancée technologique qui répond à un besoin de notre société actuelle : le gain de temps. Si l’uberisation est un modèle économique, il est un modèle qui réduit la question d’espace-temps, une question primordiale de nos jours, on vous explique.

 

Une consommation dans l’immédiat

Il fût un temps pas si lointain où l’on notait dans son agenda que l’on devait passer au pressing tel jour, avant de se rendre chez le coiffeur. On commandait un taxi quelques jours à l’avance afin de se rendre à la gare. Ce temps est (presque) révolu car notre façon de consommer a évolué. Pour la nouvelle génération, les fameux millennials, cette époque n’a même quasiment jamais existé. C’est une transformation que l’on a vu venir, qui n’est pas apparue du jour au lendemain. Elle est venue avec la société de consommation, prenons l’exemple de l’apparition des supermarchés après la seconde guerre mondiale. Plus besoin d’aller chez le maraicher puis chez le charcutier… Tout devient disponible au même endroit, au même moment. C’est aussi venu des fast-foods, il devient possible d’obtenir un « repas » rapidement, à bas prix. L’uberisation n’est donc que la suite logique de cette évolution de la consommation, il ne manquait qu’une évolution technologique qui puisse lui permettre de passer un cap.

Les avancées technologiques répondent aux évolutions de consommation

Comme souvent en ce qui concerne les avancées technologiques, elles sont tout d’abord destinées à l’armée. C’est ainsi que dans les années 1980, l’armée américaine met au point les premiers GPS qui vont se démocratiser durant les décennies suivantes. Le GPS devenant accessible au grand public, c’est une aubaine pour les entreprises. Prenons l’exemple d’une entreprise comme Verizon Connect qui met au point une application de géolocalisation de véhicules, elle permet ainsi à des compagnies de livraison de suivre leurs flottes de véhicules en direct. Grâce à ce système, il devient possible pour un livreur de récupérer une commande chez le fournisseur le plus proche pour livrer une personne habitant dans le secteur. Il faut comprendre ici que l’on peut faire une commande en ligne et être livré dans la journée. C’est un service qui est de plus en plus proposé notamment par des géants du e-commerce comme Amazon.

L’Homme a-t-il encore sa place dans ce modèle ?

Ces avancées technologiques et commerciales ont pour but de réduire le temps d’attente entre la commande, l’achat et la réception, l’utilisation du service. Il existe deux contraintes, l’espace et le temps, que l’on tente à tout prix de réduire. Dans cette course effrénée, on peut se demander si l’humain a encore sa place dans ce processus. Pour exemple, Amazon dote désormais ses usines de robots pour empaqueter et distribuer les colis plus rapidement aux livreurs. Tesla teste actuellement des voitures sans chauffeurs qui pourront devenir un service de taxi. La livraison par drone est elle aussi à l’étude, des premiers essais ont même déjà eu lieu. Ce qui nous amène à nous demander si dans cette volonté de répondre aux contraintes d’espace et de temps, on ne répond pas finalement à une contrainte : la limite humaine. Dans la façon dont notre consommation évolue, l’Homme perd peu à peu sa place dans la chaîne de production. Schumpeter parlait de « destruction créatice », mais notre façon de consommer est-elle créatrice pour la main d’œuvre ? C’est peut être l’un des grands défis que nous devrons relever dans les années à venir.

Lu 1160 fois Dernière modification le jeudi, 13 décembre 2018 08:40

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