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Transitions collectives, la reconversion pour sortir de la crise ?

Tribunes libres Écrit par  lundi, 20 septembre 2021 08:34 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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Le dispositif Transitions collectives est déployé depuis le 15 janvier 2021. Il permet aux salariés, dont l'emploi est menacé, de conserver leur employabilité en ayant recours à la formation. La reconversion y est à l'honneur puisqu'elle ouvre une voie vers un métier plus porteur. Serait-ce la fin des licenciements et du chômage ? C’est en tout cas l’ambition de ce programme : apporter une réponse à la crise actuelle. Entre utopie et réalité, zoom sur son application et ses objectifs.

Transitions collectives : une alternative au Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)

La crise que nous vivons actuellement a fragilisé les emplois. Certaines entreprises se sont retrouvées au ralenti ou encore à l’arrêt, sans autre choix que de recourir au Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).
Regis Micheli

Ainsi, depuis le début de la pandémie, la DARES a relevé 1 050 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), prévoyant 106 500 ruptures de contrats. Des chiffres qui restent inférieurs à ceux de la crise financière de 2008-2009 (2 647 PSE). Mais attention, la crise est loin d’être terminée. Il faut donc s’attendre à une hausse des PSE dans les mois, voire années à venir.

Pourtant, il existe aujourd’hui des alternatives. On pense notamment aux dispositifs mis en place par le gouvernement dans le cadre du plan de relance. Parmi eux, on retrouve le très médiatisé Transitions collectives ou TransCo. Lancé le 15 janvier dernier, il se veut comme un outil anticrise. Une ambition forte comportant de nombreux enjeux.

Un dispositif de reconversion collectif

L’objectif du programme ? Accompagner la reconversion professionnelle des salariés dont les emplois sont menacés. La finalité est, à terme, de prétendre à un métier plus porteur qui leur permettra de conserver leur employabilité.

Une promesse qui comporte des attraits pour les entreprises comme pour les salariés :

  • Éviter les licenciements pour les entreprises ayant réalisé un accord identifiant les métiers fragilisés, type GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels)
  • Se former en toute sérénité, pour avoir accès à un nouveau métier de son choix pour les salariés en CDI, CDD ou en intérim. En effet, ces derniers conservent leur salaire et leur formation certifiée est prise en charge pendant 24 mois au maximum. Ils sont aussi accompagnés par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) qui les oriente dans leur parcours. À l’issue, ils peuvent éventuellement bénéficier d’une embauche sur le territoire
  • Faire des recrutements réussis pour les entreprises d’accueil puisqu’elles ont affaire à un public qualifié.

Ce dispositif se différencie des autres puisqu’il instaure un véritable dialogue entre les différents acteurs et le territoire. Il peut également être collectif ou individuel, contrairement au CPF de transition qui a une dimension uniquement individuelle. Le financement se fait, par ailleurs, par le FNE-formation (Fonds National de l'Emploi) et non par le CPF (Compte Personnel de Formation). Son accès se fait sur la base du volontariat. Enfin, dernière nouveauté : la filière d’activité n’est plus l’unique élément pris en compte. Un dispositif attrayant donc, mais qui doit être bien préparé.

Une mise en place du dispositif TransCo s’anticipe avec différents acteurs

Lorsqu’une entreprise choisit de recourir au dispositif TransCo, cela ne s’improvise pas. Elle doit anticiper et rapidement intervenir afin de ne pas aggraver la situation et aboutir à un PSE. Le rôle du manager est alors primordial puisque c’est lui qui va identifier les métiers fragilisés et les faire remonter aux ressources humaines.

De même, dans cette étape, il ne faut pas hésiter à se faire assister par son opérateur de compétences (OPCO) qui aura un véritable rôle de conseil. L’association Transitions Pro intervient ensuite aussi pour faciliter le recours au dispositif et pour permettre aux salariés de s’organiser en fonction de leurs parcours. Les conseillers en évolution professionnelle (CEP) prennent alors le relais.

TransCo est un dispositif ambitieux qui bénéficie d’une enveloppe budgétaire annuelle de 500 millions d’euros. Bien anticipé, il peut se présenter comme une alternative intéressante avant un PSE. Il s’agit néanmoins de bien en appréhender tous les aspects et de se faire accompagner par les différents acteurs.

Par Régis Micheli, fondateur et directeur général de VISIPLUS Academy

Lu 666 fois Dernière modification le lundi, 20 septembre 2021 09:07