Réussir par l’échec : quelques clés pour encourager la prise de risque

Évaluer cet élément
(1 Vote)

La peur de l’échec inhibe les initiatives, l’audace, la créativité, l’enthousiasme, tout ce qui nourrit l’innovation et le progrès. Encourager ses collaborateurs à prendre des risques, à ne pas redouter l’échec, mais à s’en servir pour rebondir, c’est donc créer un cercle vertueux. Pas si simple ? Sans doute non. Voici quelques leviers pour vous y aider.

1. Promouvoir une culture positive de l’erreur

L’obstacle, comme souvent, est d’abord culturel. Pour le commun des mortels, et des salariés, se tromper, c’est mal. Mal vu, mal perçu, donc mal récompensé. Les signes que les managers envoient sur ce point ne trompent pas, généralement.

Il s’agit donc d’inverser la tendance. De valoriser l’erreur non pas pour elle-même, mais pour ce qu’elle représente : un pas de plus vers la réussite, un progrès. Cela passe par des feedbacks positifs. Peut-être même par un ou deux faux positifs au départ. Car lorsque les collaborateurs sont libérés de la peur de mal faire, ils font mieux, ils font bien. Ils agissent.

2. Favoriser l’autonomie

On pourrait penser qu’une telle attitude encourage à long terme la médiocrité. Loin s’en faut, à condition d’analyser ses échecs et d’en tirer les leçons pour la suite. Tout cela exige un cadre de références précis, qui agit comme un filet de sécurité. D’abord, travailler en équipe agile : substituer à la structure hiérarchique traditionnelle des petites équipes transversales qui peuvent mener leurs expérimentations en autonomie et réduire par là même les délais ordinaires de validation.

Ensuite, mettre en place des points réguliers qui ne soient pas perçus comme des moments d’ingérence ou de justification, mais bien de partage constructif : la confiance n’exclut pas le questionnement, bien au contraire.

3. Essayer, se tromper, apprendre, recommencer

Pour l’équipe en charge du projet, il s’agit de développer suffisamment son idée pour pouvoir l’éprouver rapidement auprès de ses clients, de sa cible. De manière générale, le temps est le véritable enjeu : car plus on passe de temps sur un projet, plus on dépense de ressources, qu’il faut bien justifier par un produit qui marche...

On voit par là toute la pertinence du principe du « test and learn » ou du « fail fast and learn » (ou encore « fail fast, fail often », plus controversé, mais qui insiste à raison sur l’importance de l’itération) : plus vite on apprend de ses erreurs, plus vite on peut changer de direction et délivrer un produit adapté au marché. Faillir, oui, mais intelligemment, d’où le concept sur lequel tout le monde s’accorde : fail smart.

4. Adopter une approche scientifique

La démarche n’est pas différente de l’approche scientifique : on émet une hypothèse, on la teste, on voit si cela fonctionne. Puis on en tire les conclusions utiles, que l’on expose aux parties prenantes, si possible à ses clients, ou à un panel (un regard extérieur est toujours bon). Expliquer pourquoi l’on s’est trompé donne de la hauteur, permet de voir plus loin, éclaire par anticipation la prochaine expérience.

Expérimenter doit être le mot d’ordre. Le pire étant la politique de l’autruche, le déni, de continuer à travailler sans regarder ses erreurs en face. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Le marché est loin d’être un environnement aussi contrôlé qu’un laboratoire. Mais l’approche scientifique, même dans un contexte aussi complexe et changeant, vient considérablement augmenter les chances de succès.

5. Chercher l’erreur

Plus tôt une erreur est détectée, moins elle coûte cher à réparer. Aussi, plutôt que de perdre sa peine à essayer de cacher ses erreurs, à les voir comme autant de faux-pas, il convient de les mettre à profit. Apprendre de ses échecs et agir en fonction est beaucoup plus important que de chercher à les éviter. Pour citer Henry Ford : « éviter les échecs, c’est éviter le progrès ».

De fait, la performance d’une entreprise repose en grande partie sur sa capacité à apprendre de son environnement et de ses erreurs : il n'y a pas d’innovation sans tâtonnement. C’est la leçon de Thomas Edison (la fameuse histoire de l’ampoule) pour qui « plus on échoue, plus on se rapproche de la réussite ».

6. Garantir la sécurité psychologique

Selon un sondage Gallup*, seuls 21% des employés aux États-Unis sont d’accords pour déclarer que leur entreprise « crée un environnement au sein duquel les gens peuvent expérimenter, se tromper et apprendre de leurs erreurs ». Un tel environnement est pourtant essentiel à la créativité, au progrès. Il repose sur un sentiment de sécurité psychologique sans lequel les collaborateurs n’osent pas prendre de risques. De fait, un reproche, une simple remontrance peut conduire à l’immobilisme.

Il appartient aux dirigeants de faire en sorte que leur entreprise soit un lieu sûr : cela passe par une communication adaptée, par des feedbacks constructifs, par les moyens mis en œuvre pour favoriser l’autonomie. Il n’y a pas de confiance sans preuves de confiance. Pas d’échec : que des abandons.

Par Imad Wakidi, cofondateur de Holivia

Lu 348 fois Dernière modification le mardi, 31 janvier 2023 10:26
La rédaction

Le service Rédaction a pour mission de sélectionner et de publier chaque jour des contenus pertinents pour nos lecteurs internautes à partir d’une veille approfondie des communiqués de presse pour alimenter les rubriques actualité économiques, actualités d’entreprises, études ou encore actualités sectorielles. Pour échanger avec notre service Rédaction web et nous faire part de vos actualités, contactez-nous sur redaction@gpomag.fr

Le magazine digital

Inscrivez-vous à notre édition digitale pour feuilleter gratuitement le prochain numéro

inscrit.png   

Paraît le 21 Mars 2023
GPO MAGAZINE N°111
Recevez-le dès maintenant !
Recevoir la version PRINT en cliquant ici
Recevoir la version NUMÉRIQUE en cliquant ici

Capture d’écran 2023-03-17 à 12.02.41.png

Livres Blanc et E-book

Comment favoriser sa transition vers une économie mondiale durable ?
La CSRD contribue à l’objectif de l’Union européenne de promouvoir une économie durable et responsable,…
Se préparer à la mise en place de la réforme sur la facturation électronique, les clés pour une transition réussie
La mise en place de la réforme sur la facturation électronique profitera à l’administration fiscale…
Atteindre la performance industrielle grâce à l’industrie 4.0 et aux ERP
L’industrie 4.0 se base principalement sur l’union du monde physique et du monde virtuel. Ce…
Plus de livres blanc

Webinaires

Comment faire prospérer son entreprise dans la conjoncture actuelle ?
Pour accompagner les entreprises au plus près de leurs préoccupations, les experts de KPMG, Crédit…
Comment aborder la fin du « quoi qu’il en coûte » ?
Symboles du « quoi qu'il en coûte » comme réponse au Covid-19, les prêts garantis…
Comment simplifier la réservation hôtelière ?
Et si le voyage d’affaires devenait aussi simple que le voyage loisir ? Pour permettre…
Plus de webinaires

Connexion

Devenir membre de GPOMag.fr vous permettra de bénéficier de nombreux avantages réservés uniquement aux membres : Recevoir l'édition digitale mensuelle, Feuilleter les cahiers thématiques et les télécharger gratuitement, Feuilleter gratuitement les derniers numéros de l'année en cours, Télécharger le planning rédactionnel pour connaître les sujets de la Rédaction à venir.

 

GPO Magazine

GPO Magazine, pour Gérer, Prévoir et Optimiser les ressources de l'entreprise est un magazine d'aide à la décision bimestriel, axé sur l'optimisation de la gestion d'entreprise, pour concrètement guider ses lecteurs dirigeants dans leurs réflexions stratégiques, leurs démarches opérationnelles, la gestion de leurs droits et dans le choix de leurs partenaires.

Une ligne éditoriale concrète et pertinente qui conjugue tendances, cas concrèts et témoignages, dossiers d'analyse, dossiers marchés, dossiers métiers, focus, point de droit, point international, point fiscal. Plus des " Avis d'Experts ".

Contactez-nous

Nos autres sites d'information

Twitter - Derniers posts