Les financeurs de flottes automobiles sont-ils vraiment vos partenaires ?

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La crise du Covid-19 a révélé des postures bien différentes en termes de soutien à l’économie entre les acteurs qui ont fait preuve de solidarité et de réactivité et ceux, tels certains financeurs, qui ont fait l’autruche.

Faisons un bref retour dans le passé. Le 13 mars 2020, le gouvernement français imposait à toutes les entreprises de laisser la quasi-totalité de leurs salarié·e·s à leur domicile. Cette exhortation synonyme d’un arrêt brutal de toute activité sociale s’est soldée par une activité économique effondrée et un futur en suspens. À l’inquiétude de la perte soudaine de chiffres d’affaires s’est associée l’interrogation quant à la levée de la date du confinement et du rythme de redémarrage de l’activité.

Si d’annonces en annonces, le gouvernement pressait les banques et autres institutions financières à soutenir les entreprises, certains ont fait la sourde oreille comme le démontrent les faits issus de nos missions d’ingénierie Achats auprès de nos clients.

Le silence assourdissant de certains acteurs

Les financeurs – banques, organismes de crédit-bail ou crédit classique, loueurs techniques (liés aux banques), ou encore loueurs captifs des constructeurs – aucun n’est allé au-devant de leurs clients quelle que Yann Guillaudsoit la taille de la structure pour proposer des solutions d’aménagement. Et ce, alors que d’aucuns savaient dès le 13 mars que ces derniers seraient confrontés à des difficultés de trésorerie inédites, à un chiffre d’affaires qui chute, et un parc de véhicules qui ne circuleraient plus pendant quelques temps.... Remarquons que le loyer financier d’un véhicule représente près de 40 % de son coût total d’utilisation.

Il est à se demander si les financeurs ont fait soit preuve d’un manque de discernement notoire ou s’ils ont été tout simplement effrayés par les conséquences économiques et financières de cette crise sanitaire. Dans les deux cas, ils ont préféré faire comme si de rien n’était.

Les financeurs n’ont fait que réagir aux sollicitations de leurs clients, quoique...

C’est au cours de la deuxième quinzaine de mars 2020, poussées par les injonctions gouvernementales, que les banques, les acteurs les plus prompts à répondre (7 jours), ont réagi en proposant, sur sollicitation de leurs clients, une offre formatée qui répondrait à la demande du plus grand nombre. Les crédits-bailleurs, généralement des émanations des banques, ont ensuite rapidement suivi. Ces deux types d’acteurs ont proposé des solutions simples et efficaces pour les clients qui en faisaient la demande.

En effet, ils ont suggéré de geler les loyers financiers pendant un temps (jusqu’à 6 mois) avec un allongement du prêt d’autant de mois à la fin de celui-ci. Cela n’est pour autant pas neutre en termes de coûts, puisque certains prestataires ont assorti le report d’intérêts intercalaires supportés par le client à l’instant T ou à la fin. D’autres organismes de crédit-bail ont exigé que le report fasse l’objet d’un remboursement dès la fin des 6 mois de report par exemple. Pour faire simple, l’entreprise ne paye pas de loyer pendant 6 mois, mais paiera le double de loyers pendant les 6 mois suivants. On notera, en outre, que la mise en place de ces solutions a été longue en raison des lourdeurs administratives et de la complexité des contrats.

Concernant les loueurs, deux profils se sont révélés ; ceux qui n’ont jamais répondu aux demandes des clients et ceux qui ont répondu avec des délais de réaction très longs (en moyenne 2 mois). Les loueurs techniques ont généralement été les moins prompts à répondre, sans doute parce qu’ils sont attachés à proposer des solutions sur-mesure. Dans tous les cas, les seuls aménagements proposés ne concernent que des modifications de contrat. « Vous allez rouler moins, on va en tenir compte ! » S’ils ont accordé pour certains un report des loyers de 3 mois, ils ont assorti cette faveur d’un allongement du prêt de 6 mois ! Un véritable effet d’aubaine pour les loueurs, un malheur pour les clients.

En effet, allonger un contrat permet de réduire la valeur résiduelle du véhicule et de conforter les marges de vente des véhicules d’occasion. En outre, les petits parcs sont ceux qui pâtiront le plus de cette solution alors que les grands comptes ont pu ajuster dans leurs contrats les kilométrages parcourus. Sans compter, qu’il fallut opérer de nouveau une longue démarche d’évaluation des risques. Certains loueurs ont imposé à leurs clients de passer sous les fourches caudines de leur service « risque » pour se voir obtenir un aménagement de contrat. D’autres loueurs n’ont proposé qu’un aménagement des loyers en décalant le paiement des factures à 60 ou 90 jours.

Les différences de réponses entre financeurs ont considérablement complexifié la gestion des flottes de véhicules du fait de la crise. Aussi, être accompagné d’experts est une solution de bons sens, ne serait-ce que pour rentrer en relation avec les prestataires et comparer les bénéfices / coûts des solutions d’aménagement.

Pour le reste, il est évident que la situation était inédite pour tous. Mais si la généralisation n’est jamais de mise, force est de constater que la majorité des financeurs de flottes automobiles n’ont pas été à la hauteur des enjeux imposés par ce contexte extraordinaire. On regrettera le manque d’anticipation et de discernement dont le secteur a fait preuve, de la part d’une profession qui se dit être partenaire de ses clients. Un partenaire est par définition engagé au succès de ses clients ; il ne s’en désolidarise pas en période de crise.

On notera cependant qu’à leur décharge, il était difficile d’anticiper les réactions des clients. En effet, certaines entreprises ne se sont pas manifestées, jugeant que leur trésorerie pourrait supporter les loyers financiers de leur flotte automobile ou simplement parce qu’ils continuaient à utiliser leurs véhicules. D’autres ont vu leur organisation totalement paralysée durant le confinement et ont été dans l’incapacité de structurer une demande d’aménagement. Seules, les entreprises les plus agiles qui ont pu rester en activité ont très rapidement réagi en cherchant à obtenir des aménagements.

Par Yann Guillaud – Associé d’Euklead

Lu 1243 fois Dernière modification le vendredi, 03 juillet 2020 11:00

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