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Appstore d'entreprise : Les nouveaux outils de l’entreprise mobile

Appstore d'entreprise : Les nouveaux outils de l’entreprise mobile

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La banalisation des applications sur smartphones et tablettes impose d’adopter une démarche professionnelle dans le choix d’une solution adaptée aux besoins de son entreprise. Éléments de réponse du côté des Apps.

 

Les applications mobiles prennent place dans les entreprises. Appelées plus généralement Apps, elles sont une petite révolution.


« Cela faisait longtemps qu’on se posait la question de la mobilité », rappelle Eudes de Villiers, responsable marketing et communication digitale chez Roche. Spécialisée dans le médical, cette société commercialise des équipements matériels destinés aux analyses biologiques. Démarré il y a environ quatre ans, le projet était initialement surtout motivé par des recherches d’économies sur les démonstrations de matériel. « Il s’agissait de limiter les coûts d’installation de ces équipements à des fins de démonstration, notamment lors des congrès de spécialistes », rappelle Eudes de Villiers. L’objectif était de fournir des outils suffisamment puissants pour prendre en charge tout ou partie de ces démonstrations. Plus largement, les métiers concernés par ces apps ne se limitent pas aux forces de ventes. Consultant avant-vente au sein d’IFS France, un éditeur suédois de logiciel d’ERP, Jérémy Jeanjean décrit : « Les usages mobiles se sont largement diversifiés. Il s’agit par exemple d’applications de ressources humaines, de validation de congés… Les utilisateurs occasionnels de ces apps mettent à profit leur temps mort pendant les déplacements, par exemple pour déclarer leurs vacances. Ou encore, il s'agit de techniciens qui font de la maintenance. Pour ces derniers, l’application mobile sert à consulter de la documentation technique ou à poser directement des questions à des experts ».

Intégrer mobilité et système d’information
Dans la plupart des cas, les fonctions de ces applications supposent de les intégrer avec le système d’information. « Pour un magasinier qui prépare des commandes et qui est toujours en déplacement, l’apps doit interroger les stocks », illustre Jérémy Jeanjean. Il peut s’agir d’obtenir des informations sur un client, de poser une question à un collaborateur, etc. Ce, même si « les apps mobiles que nous développons fonctionnent aussi bien on line que off line », précise le consultant. En 2010, Roche demande à IFS, l’éditeur de son ERP, le développement d’outils mobiles. « Au bout de deux ans, nous avions fait le tour des possibi­lités des applis indépendantes de notre système d’information. Il manquait des indicateurs de suivi, il n’y avait pas de possibilité de relation client – CRM –… », insiste Eudes de Villiers.
Aujourd’hui, « la gamme d’apps est très large ». Elle comprend quelques applications marketing basiques, plaquettes de présentation de produits, fonctionnalités, vidéos, etc. Une deuxième gamme permet au vendeur de travailler avec le client directement sur de la simulation, notamment d’analyse du risque. Roche travaille avec des centres de diagnostic, des laboratoires de biologie médicale ou encore des hôpitaux. « Ces structures ont souvent des contraintes comme assurer la continuité de services même en cas de changement d’équipements ou de travaux », précise Eudes de Villiers. Cette gamme d’applis autorise ces simulations. La dernière famille d’apps, la plus évoluée techniquement, est plus un support de communication, « de la visite de labo en 3D par exemple », ajoute Eudes de Villiers.

Mettre en place un Appstore
Chez Roche, plus de 110 personnes ont été équipées d’iPad au lancement. À ce jour, 25 applis sont disponibles. « Chaque utilisateur n’utilise qu’une partie de ces outils », précise Eudes de Villiers.
Le nombre d’applications comme leurs mises à jour et la dispersion géographique des colla­borateurs étaient peu compatibles avec les modes de déploiement classiques. La solution la plus adaptée était de proposer un « Appstore », soit un site sur lequel les collaborateurs concernés vont télécharger les outils. Dans cet objectif, Roche a développé un store d’entreprise baptisé iRoche. Plate-forme sécurisée, ce « store » permet à un administrateur de mettre en ligne les applications mobiles et la sécurisation adaptée. Seuls les iPad enregistrés pourront utiliser ces outils et documents. Les utilisateurs concernés sont notifiés en cas de mise à jour et téléchargent ces applications.

Banaliser les « apps »
Depuis l’intégration avec le système d’infor­mation, en particulier avec le CRM, les apps sont entrées dans le quotidien des vendeurs. « En outre, il est nécessaire d’étendre le périmètre fonctionnel. Quand on donne un iPad à un vendeur, il faut que ça devienne un outil de travail quotidien. Ce qui suppose d’inclure le calendrier… », ajoute Eudes de Villiers. Roche prévoit de continuer à faire évoluer ces outils, notamment par l’ajout de fonctions collaboratives ouvertes, pour partie, aux clients. Une tendance apparemment partagée par d’autres entreprises. « On a développé une quinzaine d’apps déjà prêtes pour Android, iOS et Windows Phone. Pour la saisie des frais, pour l’affichage d’indicateurs clés, pour les audits de sécurité, pour approuver les factures, pour déclarer des accidents… », décrit Jérémy Jeanjean. Les entreprises utilisatrices ont constaté à l’usage des bénéfices substantiels. Technip travaille dans le domaine de l’ingénierie des plates-formes pétrolières. La société fabrique des tuyaux, des pipe-lines par exemple, et doit acheter des matières premières dont le coût est volatil. Depuis que l’approbation de ces achats est faite à partir d’apps, les délais sont tombés de un ou deux mois à quelques semaines. Ce qui s’est traduit par des économies importantes. Mêmes gains pour un affréteur maritime. Et le champ des possibles reste ouvert. « Nous travaillons sur des objets connectés, par exemple pour recevoir les notifications sur une montre. Ce qui peut s’avérer efficace, par exemple, dans un contexte industriel pour réagir plus rapidement en cas d’accident du travail », ajoute Jérémy Jeanjean. Apparemment, les apps pour mobiles n’ont pas encore trouvé leurs limites.

Alternative à un « store d’entreprise »
Autre alternative à la mise en place d’un « store d’entreprise », il reste possible de mettre les apps développées par l’entreprise à disposition des utilisateurs sur Google, pour Android, ou sur Apple Store pour iOS. Une solution plus légère mais moins sécurisée. Il est également possible d’utiliser des apps déjà disponibles sur ces mêmes sites.
Salesforce est l’entreprise la plus avancée dans ce domaine. Le site* de SalesForce comptait autour de 2 600 apps fin 2014, dont près de 1 500 payantes. Si ces apps couvrent de nombreux besoins, validation dans les RH, notification pour vali­dation de facturation, etc., elles sont par contre souvent intégrées avec la solution de Salesforce. Elles ne comportent par tous les connecteurs nécessaires pour s’interfacer avec les outils déjà en place. Ce choix impliquera donc souvent du développement logiciel, pas pour les fonctionnalités mais pour l’intégration.

* https://appexchange.salesforce.com/

Patrick BRÉBION

Lu 8508 fois Dernière modification le jeudi, 03 septembre 2015 13:53