La RSE a-t-elle fait ses preuves d’efficacité ?

RSE Écrit par  lundi, 16 décembre 2013 08:01 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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Le rapport Brovelli, remis au 1er ministre publié en juin dernier, s’intitulait « Responsabilité et performance des organisations ». Le Medef, un an plus tôt, publiait le guide « Cap vers la RSE », sous-titré « Faire de la responsabilité sociétale de l’entreprise un levier de performance ; la CGPME titrait à son tour son guide « La responsabilité sociétale des entreprises, une opportunité pour les PME ». Alors ? Vœu pieux, panurgisme, mode, louable intention, simple coïncidence … ou réalité partagée ?



Nous pourrions également citer le CJD qui a traduit et décliné le concept de développement durable en performance globale. Le Réseau des Entrepreneurs d’Avenir a, quant à lui, clairement admis l’idée qu’il était possible de concilier performance économique, équité sociale et préservation de l’environnement, créant ainsi de la de la valeur partagée pour tout l’écosystème de l’entreprise. Des études récentes convergent vers cette direction d’une RSE intégrée dans la stratégie des entreprises, dans leurs process, dans la fabrication de leurs produits ou la délivrance de leurs services.


De nombreuses études révélatrices


Ainsi, Bearing Point en février 2013 publiait une étude intitulée « Vers la performance durable », réalisée auprès de grandes entreprises.

Cette étude montrait qu’historiquement, les démarches dites de développement durable s’étaient dans un premier temps concentrées sur la prévention des risques pour 85% des entreprises, même score sur la préservation de leur image et enfin, 70% sur la réduction des coûts.

L’étude montrait également, une nette montée en puissance de l’innovation qui recueillait pas moins de 65% des suffrages, notamment dans la distribution, les biens de consommation et les industries B2B. Tous ces secteurs cherchent au final à fournir des services plus économes en ressources. A noter qu’à l'avenir, les entreprises interrogées ont déclaré envisager de continuer à innover grâce au développement durable - pour près de 85% d'entre elles - et de renforcer les relations avec leurs parties prenantes. Quant aux établissements financiers interrogés, 100% voient dans le développement durable un puissant levier pour renforcer leur culture d'entreprise et leur « marque employeur ».

Plus récemment, le 20 novembre 2013, nous avons publié une étude sur la RSE et les pratiques de reporting RSE, réalisée auprès d’entreprises cotées (CAC Mid and Small) et non cotées, impactées par la publication du décret d’application de l’article 225 de la loi dite Grenelle 2 sur la publication des informations extra-financières. Que retenir de cette étude ?

Pour plus de 70% du panel, le Grenelle de l’environnement a été un facteur déclenchant de la mise en œuvre d’une démarche RSE. Autres signes intéressants : 27% des Directions du développement durable ont intégré le Comité de direction et 37% reportent désormais directement à leur Direction générale.
 
Au final, il ressort que si 90% des entreprises ont bien identifié les enjeux de la RSE, l’analyse de leurs rapports sur le sujet confirme qu’ils s’inscrivent effectivement et naturellement dans cette démarche. Enfin, pour 60% des entreprises interrogées, l’évolution de leur stratégie est la raison de la mise en œuvre de leur RSE et pour 45%, la volonté d’augmenter leur compétitivité.



Prix et trophées font flores


A titre d’exemple on peut citer la 7ème édition des Trophées du Développement Durable du réseau GRANDDE, le 28 novembre dernier (GRANDDE, réseau des entreprises normandes pour un devenir durable qui regroupe 150 membres). Qu’y récompense-t-on ? Des initiatives et des bonnes pratiques d’entreprises qui se sont engagées dans des démarches responsables et qui sont réellement performantes. Pour une grande majorité d’entre elles, la RSE n’est pas un artifice cosmétique ou un ripolinage vert. Elle est le plus souvent véritablement intégrée à leur modèle d’affaire.

On voit aussi de nouvelles initiatives comme la création de l’Institut de l’Economie Circulaire qui réunit politiques et entreprises de toutes tailles. A ce sujet, la  sénatrice Chantal Jouanno et le député François-Michel Lambert ont indiqué le 15 novembre dernier qu’ils voulaient une loi qui permettrait de développer l'économie circulaire. On pourrait à l’envie citer beaucoup d’autres exemples…peut être trop diront certains. Pas si sûr !

La réalité de notre économie et les préoccupations forcément court termistes des chefs d’entreprise en cette période de crise, montrent qu’en matière de RSE, il faut continuer à travailler chaque jour à en démontrer la pertinence et cent fois sur le métier remettre son ouvrage de persuasion.

RSE = performance ?


Il est certain que nombre d’experts et de chercheurs n’ont toujours pas réussi à démontrer la corrélation entre RSE et performance. A ceux là nous pourrions opposer qu’un constat troublant s’impose : les entreprises qui figurent dans les classements internationaux de la performance globale (ex. : le Global 100) développent une forte pertinence et implication RSE. Si l’on en revient aux entreprises françaises qui reçoivent prix et trophées liés au développement durable ou à la RSE, on constate également que se sont ces mêmes entreprises qui se distinguent souvent par leur dynamisme et leur bonne santé. Est-ce un hasard ?  

Quand à Michaël Porter, le célèbre professeur de stratégie d’entreprise à l’Université d’Harvard, notons qu’il infléchit sa vision stratégique de l’entreprise et le démontre, en publiant un ouvrage dédié à la Création de valeur partagée. Si les experts ne sont pas tous d’accord entre eux, poussera-t-on le scepticisme jusqu’à affirmer que Porter suit une mode en surfant sur une vague lui permettant de facturer au prix fort ses conférences partout dans le monde ? On peut se poser la question, mais cela n’aurait aucun sens. Pour Porter, se fondant sur de nombreux cas concrets, RSE et développement durable génèrent du business. Point. Mais ici comme en matière médicale, on trouvera pour longtemps encore des experts qui démontreront tout et son contraire. 



La RSE, un concept qui monte, qui monte…


Le 27 novembre dernier avait lieu à Paris le lancement du nouveau référentiel de Reporting extra-financier GRI1 G4, devant plus de 150 responsables de développement d’entreprises, en partenariat avec le Global Compact (850 entreprises françaises adhérentes en 2013, et 7700 dans le monde), avec TF1 et Tennaxia. Notons simplement que le lancement en France de la version 3 en 2006 s’était tenu dans un quasi anonymat.

A la fin de l’année 2014, pas moins de 2.500 entreprises françaises auront à publier un rapport extra-financier ; parmi celles-ci quelques 1.200 de plus de 500 salariés affichant un CA supérieur à 100 millions d’euros. En 2014, on attend le vote de la Directive européenne ; elle concernera 18.000 entreprises européennes de plus de 500 salariés pour un CA de 40 millions d’euros ou plus.
Récemment encore, l’IIRC2 publiait ses lignes directrices pour un rapport intégré. Cette publication ne doit pas être perçue et vécue comme une punition ou une énième exigence réglementaire. Elle nous apparaît comme étant en réalité une formidable opportunité pour les entreprises de prouver leur dynamisme, de valoriser leur capital immatériel et finalement leur performance globale et durable auprès de leur écosystème.

A vous de juger. A vous de jouer !  

Bertrand DESMIER
Directeur Conseil RSE chez Tennaxia
www.tennaxia.com

1. GRI : Global Reporting Initiative
2. IIRC : International Integrated Reporting Council


Note de la rédaction : Avec cette tribune, la rédaction de gpomag.fr a souhaité vous apporter un éclairage statistique sur la RSE. Complémentaire de la tribune (du même auteur) publiée dans notre édition du 15 septembre (« Une politique volontariste RSE contribue-t-elle à la performance humaine ? »), celle-ci s’attachait surtout à souligner la nécessité d’obtenir l’adhésion des équipes en interne.

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