Gestion des déchets : les petits gestes qui répondent aux grandes causes

RSE Écrit par  vendredi, 04 avril 2014 08:08 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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> Appulz et Nicollin
Appulz et Nicollin sortent la première déchetterie intelligente

Dans la chaîne du traitement et de la revalorisation des déchets, la phase collecte est l’une des grandes difficultés à résoudre. Si la législation contraint les grands industriels – gros émetteurs de déchet – à s’organiser, comment collecter les millions de produits usagés ou matériels en fin de vie générés par l’activité des PME et plus globalement de l’ensemble des professionnels ? Au plan économique, l’entreprise a-t-elle intérêt à se lancer dans la mise en œuvre d’une politique de tri et de collecte ? La réponse n’est pas évidente et pourtant tout concourt à lui faciliter la tâche.

Sur le plan macroéconomique, l’objectif est fondé sur la logique suivante : le bilan énergétique de l’ensemble des efforts de collecte doit être positif et ne pas générer plus d'émission de Co2, et autres gaz à effet de serre, qu'en laissant les choses en l’état.
Mais au niveau de chaque entreprise, seule une démarche volontaire et citoyenne des respon­sables semble pouvoir résoudre l’équation. À bien y regarder, tout dirigeant trouvera pourtant de nombreux avantages à s’impliquer dans des actions concrètes de tris, collectes et traitements de ses déchets.

Pour donner la mesure des enjeux
En France en 2009, plus de 770 millions de tonnes1 de déchets ont été produits, dont 95 % issus des activités économiques (pour exemple,374 millions pour l’agriculture et 253 millions pour la construction et le BTP). Pour donner l’échelle du phénomène, c’est environ le poids de 100 000 Tour Eiffel ou encore de quelques 2 500 pétroliers géants de 300 000 tonnes.

D’après une étude de l’Insee, 89 % des entreprises françaises s’occupent de la collecte de leurs cartouches d’encre, 68 % de leurs piles, 61 % de leurs papiers et 56 % de leurs lampes usagées. Certes, il y a encore du chemin à parcourir, mais voilà des chiffres qui rassurent sur ce type de produits « courants ». Il est un peu plus préoccupant de s’apercevoir que rares sont les sociétés qui nomment un responsable des déchets, une sorte de Monsieur Déchets dont la mission serait clairement définie, avec un poste valorisant considéré comme étant à haute valeur ajoutée pour l’entreprise.
Une étude de l’éco-organisme Recylum indique que le recyclage des déchets est, selon les cas, sous la coupe des services généraux pour 32 % des entreprises, pour 25 % du responsable du développement durable et pour 23 % de la direction générale. Il n’existe donc pas vraiment d’inter­locuteur attitré de façon universelle, comme il existe des directions commerciales, marketing ou ressources humaines.
Une autre étude (Occurrence de 2011) précise que dans 25 % des entreprises, ce sont les assistantes qui seraient décisionnaires. Intéressant ! Ultime inquiétude à avoir, seulement 11,8 millions de tonnes de déchets sont collectés par le canal des déchetteries (4 567 sites en 2009) qui, rappelons-le, ne se remplissent qu’en fonction du bon vouloir des particuliers et des petites activités économiques et artisanales.
Bon côté du problème : la valorisation énergétique (par incinération) des déchets en 2008 a permis de produire quelques 4 460 GWh d’électricité et 10 370 GWh en production de chauffage.

Mais pourquoi gérer les déchets
De plus en plus d’activités y sont contraintes. « Depuis le 29 février 2012, le code de l’environnement oblige toute entreprise à tenir un registre du traitement et du suivi des déchets pendant minimum 3 ans », rappelle Myriam Beyoddi, chargée de projets dans le Groupe Nicollin, 3e opérateur français du secteur de la collecte des déchets industriels, du tri sélectif, de la propreté urbaine et du nettoyage industriel.
Mais « l’air du temps », la planète, nos conforts de vie et les attentes citoyennes semblent imposer d’aller au-delà des simples contraintes législatives. « Il faut sans cesse alerter les chefs d’entreprise sur les enjeux économiques directs et l’impact positif sur leur compte d’exploitation d’une politique de responsabilité sociétale (RSE) », indique Bertrand Desmier, responsable RSE du Cabinet conseil Tennaxia.
En conséquence, qu’il s’agisse de devancer l’évolution inexorable des contraintes légales (pressions constantes venues de l’UE), qu’il s’agisse de répondre au cahier des charges dans le cadre de l’obtention d’une certification ISO 14001 ou équivalent, qu’il s’agisse de l’image de l’entreprise dans son univers concurrentiel et auprès de ses clients ou, en interne, pour renforcer le sentiment d’appartenance et optimiser le niveau de motivation du personnel…, se soucier de ses déchets et en établir la traçabilité est un passage quasi-obligatoire.

Quelques pistes pour faciliter la réduction ou la collectes des déchets
L’éco-organisme Recylum, en association avec Fiducial, Lyreco et Office Dépôt a créé le Service Lumibox Entreprise : une simple boîte en carton où l’entreprise dépose sur son site ses lampes usagées.
Un site comme « e-dechet.com » aide les entreprises à dresser l’inventaire de leurs produits et équipements en fin de vie, pour ensuite venir les enlever sur site. Seul effort pour l’entreprise : faire la liste des produits à enlever qu’il s’agisse d’informatique, d’imprimantes, de climatique, cette société se chargeant des collectes.
Parmi les matières les plus symboliques du traitement des déchets, le papier est probablement la star !
L’économiser peut revêtir des aspects insolites auxquels personne ne pense vraiment. Exemple : sur son PC, pourquoi saisir ses textes en corps 14, plutôt que 12 ? Les gestes écologiques de base sont des gestes toujours issus du simple bon sens. Sur le site de Riposte Verte2, on trouve des outils (gratuits), destinés notamment aux TPE et PME rencontrant des difficultés à identifier leurs mauvaises pratiques environnementales.
De grandes sociétés implantées partout en France telles que Veolia Propreté ou Suez Environnement proposent des services clé en main accessibles aux PME.

Quelques gestes faciles
• Pour les consommables : impression recto-verso, feuilles utilisées pour les brouillons, récupération de fournitures usagées mais encore utilisables.
• Pour l’énergie : adaptation de l’éclairage à la luminosité extérieure, vigilance sur les pièces inoccupées toujours éclairées, les PC allumés H24-7j/7, les écrans en veille tout le week-end, adapter le chauffage et la climatisation à la météo (système thermostat), prendre l’escalier à la descente (plutôt que l’ascenseur).
• Pour l’eau : vérification et état plomberie, petite/ grande chasse toilettes.
• Pour le tri : rédaction des règles de conduite et comportement en interne.

 

On le constate, la gestion des déchets commence souvent par leur réduction à la source. Et leur valorisation n’est rien d’autre que l’application d’une vieille loi de la physique universelle : rien ne se perd, tout se transforme.

Philippe DERMAGNE

 

1. Source Ademe - Brochure 2013

2. www.riposteverte.com/accueil

 

 

                                    

Les principaux éco-organismes français*

-  Adelphe (emballages ménagers)
-  Adivalor (déchets phytosanitaires)
-  Aliapur (pneumatiques)
-  Avipur (hygiène collective)
-  Cyclamed (médicaments non utilisés)
-  ECO-DDS (ménagers chimiques)
-  Eco-Emballages (emballages ménagers)
-  Ecologic (électrique, électronique)
-  Eco-systèmes (électroménager)
-  Ecovolt (accumulateurs)
-  ERP France (électrique, électronique)
-  Recylum (lampes)
-  Screlec (piles)
-  Valdelia (mobilier)
*En métropole par ordre alphabétique, agréés ou organisations mutualisées


Nota : il n’existe pas encore d’organisme agréé ou assimilé pour : accumulateurs auto, véhicules hors d’usage

 

                                    

La TGAP ? La Taxe Générale sur les Activités Polluantes

Instituée par la loi de finances 1999 et entrée en vigueur au 1er janvier 2000, la TGAP est l’application du principe « pollueur-payeur » édicté par le Grenelle Environnement. Elle est due par les entreprises dont l'activité ou les produits sont considérés comme polluants : déchets, émissions polluantes, huiles et préparations lubrifiantes, lessives, solvants, matériaux d'extraction, pesticides, produits chimiques. Avant le 30 avril de chaque année, les entreprises doivent adresser leur déclaration aux services des douanes. La TGAP est payable en 3 acomptes par tiers, les 30 avril, 31 juillet et 31 octobre.

 

                                    

Des déchets invisibles

Les data centers (salles informatiques abritant les grands serveurs des banques, des assurances, des opérateurs télécom…) sont considérés comme des équipements particulièrement énergivores émettant une chaleur considérable, issue notamment de la climatisation. Leur déchet : l’énorme quantité d’énergie gaspillée si elle n’était pas réutilisée. Aujourd’hui, des systèmes complexes permettent d’emmagasiner cette énergie perdue et de la transformer pour chauffer des quartiers entiers, desimmeubles de bureaux ou encore des équipements collectifs tels que piscines, bâtiments communaux, salles de sport, etc... Une application à Marne-La Vallée (parc d’entreprises de Disney) fonctionne sur ce principe depuis plusieurs années.
Lu 3357 fois Dernière modification le mercredi, 21 octobre 2015 14:52
Philippe Dermagne

En 1980, il crée sa propre société, une agence de publicité dédiée au BtoB, à la communication par l’écrit et à la motivation des forces de ventes. En 1995, il fonde l’une des toute premières agences multimédia française, en mettant en place un développement international en Suède, UK et Brésil. Depuis 2007, il est un journaliste qui présente la particularité d’avoir plus de 30 années d’expérience en tant qu’entrepreneur.
Ses terrains de prédilections : les RH, le développement durable, la gestion de flotte automobile. Son second métier : l’animation de colloques, tribunes et grands séminaires d’entreprise.

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