Améliorez votre performance énergétique

Améliorez votre performance énergétique

RSE Écrit par  lundi, 04 juillet 2016 15:03 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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L’efficacité énergétique permet d’abaisser les coûts directs et indirects des entreprises en réduisant les consommations d’énergie par des travaux d’isolation thermique, en améliorant les processus industriels ou en investissant dans de nouveaux équipements. Des aides spécifiques sont disponibles pour les entreprises.

Motorisation électrique, climatisation et chauffage, processus industriels, éclairage, isolation thermique, nombreux sont les gisements d’économie d’énergie pour une TPE ou une PME. Selon l’Ademe (Agence del'environnement et de la maîtrise de l'énergie), les prix de l’énergie augmentent chaque année de 3,3 %, depuis 2006. D’autre part, l’enga­gement des États à réduire les gaz à effet de serre se traduit, notamment, par une obligation pour les entreprises de plus de 250 personnes de publier tous les quatre ans un audit énergétique. Même si les TPE et PME ne sont pas concernées, cela ne signifie pas pour autant qu’elles ne doivent rien faire. De manière indirecte et à plus long terme, les mesures qui améliorent la performance énergétique béné­ficient à toutes les entreprises, qu’elle que soit leur taille et à l’ensemble de l’économie.

La première étape consiste à effectuer un diagnostic énergétique. Il permet d’identifier précisément les différents postes de consommation et les pertes d’efficacité, puis de dresser une liste d’actions à engager. Les économies d’énergie peuvent se situer entre 15 à 20 % de la facture globale des consommations d’électricité ou de gaz. Pour Thibault Costantino, conseiller énergie à la CCI de Lyon, « la valorisation des CEE (certificat d’économie d’énergie) couvre en moyenne 5 à 15 % de l’investissement réalisé pour réduire la consommation tels que l’isolation thermique, le remplacement de moteurs électriques ou de nouveaux équipements d’éclairage ».
Face à la complexité des règlements et de la constitution d’un dossier d’obtention des aides, les petites entreprises se tournent vers les bureaux d’études. Stéphane Nufer, responsable d’un bureau d’étude régional de SPIE, pointe la difficulté à édicter une législation qui s’applique à toutes les entreprises concernant la performance énergétique « Pour les PME, il existe trop de processus de production différents pour qu’on puisse leur appliquer une règlementation précise. Pour le secteur du bâtiment, il existe seulement une limite maximum à respecter alors que pour l’industrie, la multiplicité des processus ne permet pas de leur imposer des normes de consommation énergétique ». Vu le niveau d‘investissement financier et le temps nécessaire, depuis le pré-diagnostic jusqu’à l’exécution des mesures préconisées, seules les grandes entreprises et les grands comptes font appel à un système de management de l'énergie basé sur la norme ISO 50001. Elles doivent donc obligatoirement effectuer un audit énergétique tous les quatre ans. La norme 50001 vise à l’amélioration de la performance énergétique de toutes les  organisations de travail.

Des bénéfices concrets
Dans le secteur de l’agriculture, une triple contrainte éco­nomique, climatique, règlementaire, pousse les exploitants à améliorer la performance énergétique. Cela concerne notamment les consommations d'énergies directes (fioul, gaz et électricité) mais également indirectes (intrants, aliments, matériels...) qui impactent fortement le coût de production en agriculture. Pour mieux maîtriser ses charges, l'agriculteur peut modifier ou remplacer ses équi­pements et ses méthodes de travail.
Autre exemple, celui de la production industrielle pour la torréfaction des cafés. « Un des nos clients utilise des fours torréfacteurs très énergivores. Il a récupéré la chaleur des fumées à 400 °C qui s’échappent dans l’atmosphère pour les réutiliser dans son installation de chauffage et de production d’eau chaude. Le calcul de performance est difficile car nous ne connaissons pas le cycle précis de fonctionnement du four mais cela génère des économies », affirme Stéphane Nufer qui cite encore un autre cas concret, celui d’un fabricant de tuiles qui a optimisé sa consom­mation d’énergie. « La contrainte dans ce cas précis était de ne rien modifier aux pressions, débits et températures du four de chauffage des tuiles. La solution a été d’installer des automates qui pilotent des vannes de contrôle et des volets motorisés de circulation d’air, le tout à des conditions d’utilisation constantes ». La récupération de la chaleur est aussi mise en œuvre par un industriel, cité par Stéphane Nufer, qui utilise de la résine chaude pour faire de l’imprégnation de supports. Le processus de chauffage est effectué dans une chambre de combustion à 800 °C, une énergie calorifique récupérée pour chauffer les ateliers et les bureaux. L’énergie solaire est une ressource renouvelable qui peut être mise en œuvre dans une zone ensoleillée pour chauffer de l’eau quand les besoins sont réguliers. Melvita, une entreprise ardéchoise de cosmétiques biologiques, a mis en place depuis cinq ans une installation de chauffage de l’eau par panneaux solaires qui lui sert à nettoyer trois cuves d’une contenance de 2000 litres. Le gain financier est de 6500 €/an grâce à une réduction de la consommation de gaz et à une diminution des transports qui alimentaient l’usine en gaz propane.
Le recours à la géothermie est une autre piste à ne pas négliger pour réaliser de notables éco­nomies d’énergie. Cette technologie consiste à récupérer la chaleur dégagée par le sol pour le chauffage ou la climatisation. La biomasse (bio-carburants, etc.) est potentiellement une énergie renouvelable très importante mais son usage à grande échelle pose des problèmes de sur­exploitation des ressources.

Plusieurs types d’aides peuvent être sollicitées
« Il y a peu de différences entre les aides locales et nationales pour améliorer la performance énergétique », indique Thibault Costantino, de la CCI de Lyon. Le dispositif le plus simple à activer pour les TPE et PME est le PEE (Prêt éco-énergie), un dispositif de Bpifrance (Banque publique d'investissement) bonifié par l'État. Il se situe entre 10 000 et 50 000 € et peut se cumuler avec les CEE (Certificats d’économie d’énergie), un dispositif complexe à mettre en œuvre. Les fournisseurs d’énergie habilités à acheter des CEE aux particuliers doivent être labellisés RGE (Reconnus garant de l’environnement). Ils figurent sur la liste officielle établie par le gouvernement et disponible à l’adresse http://renovation-info-service.gouv.fr/. Le PEE concerne les économies d’énergie réalisées par des actions sur la motorisation électrique, la climatisation, le chauffage et l'éclairage. Parmi ces gisements d’économies énergétiques, les moteurs électriques représentent jusqu’à 70 % de la facture globale d’électricité dans une PME industrielle.

Des aides à la décision peuvent être attribuées par l’Ademe. Elles sont de quatre types. Il s’agit des aides à la réalisation, aux pré-diagnostics et d’audits énergétiques, au changement de comportement ou aux actions réalisées dans le cadre d’un contrat d’objectifs. Elles repré­sentent entre 50 et 70 % du coût des études réalisées pour entreprendre des travaux d’économie d’énergie. Pour rédiger des cahiers des charges spécifiques à chaque action ou chaque secteur d’activité (ventilation, éclairage, froid, air comprimé), l’Ademe met à disposition des guides sur le site www.diagademe.fr.


2Les certificats d’économie d’énergie, un système complexe
Mis en place en 2006, les CEE (certificats d’économie d’énergie) quantifient les économies d’énergie par des actions engagées par les entreprises concernant l’isolation, le chauffage, la ventilation, les moteurs électriques, etc. Ces économies sont traduites en kWh Cumac (Cumulés Actualisés) et donnent droit à des primes attribuées par les fournisseurs d’énergie, en fonction du gain annuel en kWh Cumac et selon un coefficient d’actualisation qui dépend du marché. Les fournisseurs d’énergie déterminent librement le montant des primes  et des services destinés aux entreprises. Pour un même projet, les primes peuvent varier d’une entreprise à l’autre.
Pour complexifier encore le dispositif des CEE, tous les travaux ne sont pas éligibles aux primes. L’aspect « usine à gaz » des CEE est une contrainte pour les TPE et PME qui ne disposent pas d’un service ad hoc pour y avoir recours.
Pour aller plus loin :
Un site d’information sur les CEE : www.certificat-economies-energie.com
Pour calculer le montant des CEE : http://calculateur-cee.ademe.fr

Les deux types de tarifs d’électricité et de gaz
Les opérateurs historiques proposent des tarifs réglementés de vente et des offres de marché. Depuis le 1er janvier 2016, tous les professionnels ayant souscrit un contrat pour une puissance supérieure à 36 kVA ont choisi une offre de marché. Concernant le gaz, les professionnels dont la consommation est supérieure à 30 MWh/anont également opté pour une offre de marché. En dessous de cette limite de consommation, les entreprises peuvent continuer à souscrire aux tarifs réglementés d’EDF pour l’électricité et d’Engie pour le gaz. En dessous des seuils minimum obligeant à choisir les offres de marché, une PME peut indifféremment souscrire à un tarif réglementé ou à une offre de marché. Le portail www.energie-info.fr/Pro permet de comparer les deux types d’offres. Pour une bonne compréhension du marché de l’énergie pour les professionnels, consultez le portail de la CCI à l’adresse http://bit.ly/1XtT6l4.Les achats groupés d’énergie auprès d’un fournisseur d’énergie par des entreprises locales peuvent aussi être une solution. Voir, par exemple, cette place de marché http://bit.ly/23VPh82.

Lu 5975 fois Dernière modification le lundi, 11 juillet 2016 15:39
Serge Escalé

Journaliste indépendant spécialisé IT depuis 1995
Le Monde informatique, Le Figaro, Les Echos, Itespresso, Le MagIT, Silicon.fr, GPO Magazine

 

 

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