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Transition écologique : les opportunités à saisir

Transition écologique : les opportunités à saisir

Gestion Écrit par  lundi, 14 décembre 2020 19:32 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
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La transition écologique est plus que jamais sous les feux de l’actualité, d’autant que le gouvernement en a fait l’un des leviers de la reprise et de la transformation de l’économie du pays. Pour rappel, sur les 100 milliards d’euros consacrés au plan de relance économique de la France, un tiers est directement consacré à la transition écologique.

Autour de cet objectif, de nombreuses mesures s’articulent autour de 6 axes : infrastructures et mobilités vertes dans les transports, recherche et innovation dans les technologies autour des énergies vertes, rénovation énergétique des bâtiments, économie circulaire et circuits courts, lutte contre l’artificialisation des sols, et enfin, eau et assainissement. Les entreprises sont concernées à plusieurs titres.

D’abord, de gros marchés vont s’offrir à elles, par exemple avec la rénovation énergétique programmée de cinq millions de logements grâce aux 6,7 milliards d’euros d’aides distribuées à cet effet dans le cadre du plan. Les entreprises pourront également être bénéficiaires des subventions prévues dans le même cadre pour favoriser leur transition énergétique. Par exemple, un dispositif, doté de 200 millions d’euros, est prévu pour aider les TPE et PME à financer la rénovation énergétique de leurs locaux. Autre exemple, une prime à la conversion et à l’acquisition de véhicules lourds moins polluants sera mise en place. La liste des aides aux entreprises, et notamment aux TPE, PME et ETI est en réalité très longue.

L’enjeu de l’éco-conditionnalité

Le plan de relance français s’inscrit dans une tendance qui prend de plus en plus d’importance, celle de l’éco-conditionnalité. En résumé, pour bénéficier désormais d’aides publiques, l’entreprise devra motiver sa demande par un objectif lié à la transition écologique. L’écosystème financier s’engage aussi dans cette voie. C’est le cas du Crédit Coopératif, banque qui intervient notamment auprès des PME et ETI auxquelles elle propose le « Prêt Choisir son Impact ». Celui-ci permet d'inciter les entreprises à s'engager dans une démarche active de RSE, en définissant des indicateurs environnementaux et sociaux à atteindre dans un délai de deux ans. Si l'objectif est atteint, le taux d'intérêt du prêt baissera alors de 0,10%. Les dirigeants d’entreprises sont prêts à relever le défi et demandent même aux pouvoirs publics d’aller plus loin.

« Il est logique que l'État soutienne avant tout les entreprises vertueuses et engagées dans la transition environnementale », affirme Émeric Oudin, président national du Centre des Jeunes Dirigeants, en évoquant le plan de relance. « Maintenant il faudrait aller plus loin encore, par exemple en faisant en sorte que les acheteurs publics, mais aussi privés, tiennent compte de l’engagement environnemental de l’entreprise dans le choix de leurs partenaires et fournisseurs », ajoute le président national du CJD, mouvement patronal fort de plus de 5000 dirigeants aujourd’hui.

Communiquer son engagement

La prise de conscience de l’urgence d’une transition écologique est incontestablement un effet collatéral de la crise sanitaire. Les Français l’affirment clairement dans un sondage réalisé en août 2020, selon la méthode des quotas, auprès de 1 057 personnes de plus de 18 ans par Harris Interactive pour Uber. Les consommateurs changent leur comportement : 78 % des personnes interrogées déclarent renoncer à acheter un produit ou un service pour des raisons environnementales. A contrario, 59 % des sondés sont disposés à payer un produit ou un service plus cher si l’entreprise qui le vend est engagée en faveur de l’environnement. Un pourcentage qui grimpe à 71 % chez les moins de 35 ans. Cela signifie que, de plus en plus, l’accès aux marchés pour les entreprises dépendra aussi de leur capacité à opérer leur transition énergétique.

Cela signifie aussi que l’entreprise se doit de faire connaître son engagement dans la transition énergétique, tant auprès de ses clients que de ses collaborateurs actuels et futurs pour les recrutements. Si les grandes entreprises disposent d’outils RSE pour mesurer cet engagement, il en va autrement pour les PME et TPE.

« Nous avons lancé l’évaluation Green Place To Work, reposant sur la diffusion d’un sondage de 35 questions à l’ensemble des salariés pour analyser la situation, proposer des pistes d’amélioration et permettre à l’entreprise de communiquer son engagement environnemental auprès de ses partenaires et du grand public », précise Baudouin Vercken, co-fondateur de EcoTree. « Notre objectif est justement de permettre aux PME et TPE d’agir avec des moyens simples à mettre en place, et nous leur proposons aussi par exemple d’acheter des arbres de la forêt pour participer à la captation de carbone ou encore de parrainer des ruches », conclut-il.

Des aides spécifiques aux PME et TPE

Le 5 juin 2020, le Ministère de la Transition écologique et solidaire, Bpifrance et l’Ademe ont lancé un plan d’accélération de la transition écologique des TPE et PME, doté de 250 millions d’euros. Il vise à accompagner 1 000 entreprises d’ici 2025. Dans ce cadre, les dirigeants de TPE et PME peuvent réaliser une auto-évaluation du niveau de maturité de leur entreprise en matière de transition énergétique et d’économie circulaire grâce au « Climatomètre ». Cet outil leur permet également de recevoir des recommandations personnalisées et d’accéder à des ressources complémentaires pour entamer ou poursuivre leur démarche. Afin d’accompagner les entreprises dans la mise en oeuvre de ces actions, le dispositif « Diag Eco-Flux » les met en relation avec des bureaux d’experts, grâce au réseau de Bpifrance.

Côté financement, le prêt vert Ademe-Bpifrance, plafonné à un million d’euros pouvant aller jusqu’à dix ans, permet de financer les actions préconisées par le Diag Eco-Flux. En parallèle, le prêt Économies d’Énergies, octroyé par Bpifrance, finance les équipements éligibles aux certificats d’économies d’énergie des secteurs « bâtiments tertiaires » et « industrie » ainsi que les prestations, matériels et travaux liés. Le montant peut atteindre jusqu’à 500 000 euros avec une durée de trois à sept ans. Tous les renseignements sont disponibles sur le site Web de Bpifrance.

Lu 2000 fois Dernière modification le mardi, 15 décembre 2020 11:15
Laurent Locurcio

Journaliste économique, il a notamment collaboré avec la presse spécialisée dont La Tribune, Le Point, Le Monde, LSA, Sport Eco, et bien entendu GPO Magazine. Il a également participé au lancement de titres de presse et a été rédacteur en chef  d’un important magazine d’entreprise. Auteur également de livres d’entreprises, il intervient aussi auprès d’étudiants en formation multi-médias.

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