Sécurité routière : mieux vaut prévenir les risques !

Sécurité routière : mieux vaut prévenir les risques !

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Alors que la sécurité routière est l’une des priorités actuelles des responsables de flotte en entreprise, les prestataires évoluant sur le marché de la gestion de parc automobile multiplient les offres de services pour les accompagner dans leurs démarches propres à réduire les risques en la matière.

La sécurité routière reste l’une des préoccupations majeures des gestionnaires de parc. Et pour cause, les accidents de la route représentent toujours le premier risque mortel d’accident du travail. D’ailleurs, la réglementation impose aujourd’hui au chef d’entreprise une obligation de résultat pour prévenir les risques liés à l’utilisation d’un véhicule dans le cadre professionnel. Le risque routier est ainsi abordé à la fois par le Code de la route, le Code du travail, le Code pénal et le Code civil. « Par exemple, le DRH est responsable de la sécurité au travail, précise Delphine Janicot, Directrice développement Bemobi du Groupe La Poste. À ce titre, il a notamment l’obligation de créer un document unique qui répertorie les risques liés à la route et de mettre en place les actions permettant de les éviter autant que possible. Fin 2015, nous sommes par ailleurs passés d’une obligation de moyens à une obligation de résultat. Les entreprises doivent s’employer à démontrer qu’elles ont tout mis en œuvre pour avoir des résultats (formation, information, télématiques… ) ». 

DelphineJanicot
L’impact de la sécurité sur les coûts

Au-delà de sa dimension sécuritaire, l’accidentologie a également un impact financier pour l’entreprise. Le coût des sinistres automobile est un poste très important, à mettre en rapport avec le poste carburant, les loyers des véhicules ou les coûts d’acquisition. Bien souvent négligé ou sous-estimé, le coût des accidents doit prendre en compte deux variables. D’une part, les coûts directs composés des cotisations accidents du travail, des cotisations d’assurance et des coûts matériels ou corporels et, d’autre part, les coûts indirects liés par exemple à l’immobilisation des véhicules accidentés, la franchise d’assurance, le remplacement ou la réparation des véhicules accidentés, les heures perdues par le chauffeur, la gestion des amendes, les frais de contentieux, la gestion des sinistres… Par exemple, selon l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise, le conducteur peut en effet influencer 40 % du TCO de son véhicule (carburant, entretien, pneumatiques…).

Identifier les conducteurs à risque

Le risque routier est lié au déplacement. Pour l’enrayer, il convient donc de s’intéresser à toutes les composantes du déplacement ainsi qu’à l’organisation de l’entreprise et de son management. Lorsque aucune démarche de prévention n’a été mise en place dans l’entreprise, il s’agit d’un véritable travail d’enquête. La finalité de cette étude est de recueillir un maximum d’informations sur l’entreprise (fonctionnement, déplacement) et sur sa sinistralité, puis de les synthétiser dans un document de travail pour identifier précisément d’éventuels dysfonctionnements ou points d’améliorations. Enfin, cette étude permettra de décliner un plan d’actions cohérent, simple et basé sur des constatations objectives. L’analyse peut être réalisée en interne ou par un professionnel de la prévention. « Elle peut notamment se baser sur le recensement des constats amiables et/ou les statistiques des assureurs (ou du courtier) », explique Karen Brunot, Directrice marketing d’Arval France. Il est souvent préconisé de prendre un échantillon large sur deux à trois ans. Il peut être également utile de récupérer les informations transmises lors des entretiens post accident. Les entreprises peuvent également travailler à partir des données transmises par les boîtiers télématiques installés dans les véhicules et proposés par les constructeurs, les loueurs ou les prestataires spécialisés en la matière. « La télématique permet de travailler à la fois sur l’optimisation des coûts et la sécurité », poursuit Karen Brunot. 
Karen Brunot


Avec cette solution, les responsables de parc ont un aperçu sur le style de conduite des collaborateurs ». « Grâce aux outils télématiques, nous disposons d’informations en temps réel sur, par exemple, les freinages brusques ou la consommation de carburant, ce qui nous permet par ailleurs de travailler sur le sujet de la sécurité dans la durée », ajoute Delphine Janicot. Les données issues des outils de gestion des amendes que proposent les éditeurs de solution de gestion de parc mais aussi certains loueurs sont également un bon indicateur à prendre en considération dans l’analyse des risques routiers en entreprise.
« Ils permettent notamment d’identifier les conducteurs les plus à risque, en fonction des infractions commises, précise Karen Brunot. En consolidant ces données avec celles issues de la télématique, les entreprises sont mieux à même de cibler les actions qu’elles mettront ensuite en place pour améliorer la sécurité de leurs conducteurs ».

Communiquer sur la sécurité routière

Une fois le diagnostic établi, il convient de définir des actions avec des objectifs précis. Les entreprises disposent de nombreux outils pour les accompagner dans cette démarche, en particulier en termes de communication et de formation.

Ainsi, la communication à destination de tous les utilisateurs de véhicules ou bien encore à l’ensemble du personnel peut revêtir plusieurs formes. Il peut s’agir de messages transmis régulièrement via, par exemple, des fiches pratiques portant sur des sujets variés liés à la saisonnalité, aux contraintes métiers, à une problématique particulière, à un rappel de procédure. Le livret du conducteur est également un outil de communication efficace. Il a pour vocation de rappeler les règles d’utilisation du véhicule confié au salarié, de la gestion des incidents et accidents, de communiquer les numéros d’urgence, de les règles ou conditions d’entretien… Cette communication peut également se faire via le journal interne de l’entreprise et contenir, par exemple, la diffusion des résultats, un retour d’expérience, la mise en valeur d’une action, la publication d’un challenge, le message du mois. Pour être efficaces et valables, ces outils de communication, de manière générale, doivent être validés par le comité de pilotage ou de suivi de l’action de prévention des risques routiers. « À La Poste, nous avons ainsi mis en place un kit de communication intégrant différents outils digitaux, tels qu’un site de e-learning ouvert à tous les collaborateurs formés pour tester leurs connaissances », explique Delphine Janicot.

Former pour changer les comportements de conduite

En effet, les formations à la sécurité routière et à l’écoconduite notamment proposées par les spécialistes en la matière mais aussi par certains loueurs contribuent également à l’amélioration du comportement de conduite des collaborateurs. Elles permettent par ailleurs de délivrer les compétences nécessaires à l’exercice des missions lorsque les salariés sont amenés à se déplacer, de les aider à mieux identifier les situations à risque et à mieux analyser leur environnement, à assimiler les bonnes pratiques à mettre en place au quotidien (règles de conduite, manœuvres, etc.). « Au travers des formations que nous proposons aussi bien en présentiel qu’en e-learning et que nous essayons d’inscrire dans une démarche pédagogique et préventive, nous entendons notamment sensibiliser les conducteurs à un meilleur usage de leur véhicule professionnel », précise Karen Brunot. Pour en pérenniser les bénéfices, il est à ce sujet préférable d’inscrire ces formations dans la durée et de les reconduire régulièrement, notamment auprès des conducteurs les plus à risque. Pour exemple, Marc Bodson, directeur de Beltoise Evolution, nous précise « que Beltoise Evolution obtient généralement une réduction de la sinistralité de ses clients de moitié au terme d'un programme structuré de prévention du risque routier échelonné sur 3 ans. C'est l'expérience faite notamment avec Johnson et Johnson ».

Challenger les conducteurs

Enfin, les entreprises ont également la possibilité, pour aller plus loin dans leur démarche de sensibilisation, de challenger leurs conducteurs sur le sujet, notamment en mettant à leur disposition un « score » de conduite ou en organisant des challenges. « À cet effet, Arval propose ainsi au conducteur dont l’entreprise a souscrit à la télématique, au travers de son application My Arval Mobile, un accès à différentes informations dont des scores de conduite sur un trajet ou une durée déterminée, indique Karen Brunot. Par exemple, son score écoconduite porte notamment sur ses accélérations ou sa consommation de carburant et le score sécurité sur les virages serrés ou ses comportements à risque pouvant générer un accident ». Si elles contribuent à la baisse de la sinistralité et donc à la sécurité des conducteurs, ces différentes actions ont également un impact fort en termes de TCO. « Elles peuvent participer à baisser jusqu’à 30 % la sinistralité mais également de 5 à 8 % le poste pneumatiques, de 15 à 20 % les amendes pour excès de vitesse ou encore de 10 à 15 % la consommation de carburant », conclut Delphine Janicot.

Johnson et Johnson agit pour la sécurité de ses collaborateurs

En France, Johnson et Johnson compte 1200 collaborateurs ayant des véhicules de société. 80 % des conducteurs de la société prennent leur véhicule tous les jours. Pour assurer leur sécurité et celles de tous les collaborateurs du groupe, la société a mis en place son programme Safe Fleet en 1994 dans l’ensemble de ses filiales. 

Questions à Martine Laroche, Responsable flotte Johnson et Johnson en France  Martine Le Roche G 9077MM

> Quelles sont les actions mises en œuvre dans le cadre de votre programme Safe Fleet ?
Chaque année, nous organisons pour tous les collaborateurs, et notamment nos managers, le Safe Fleet Day à notre siège ; cet événement est retransmis en duplex en région. Il a pour objectif de faire un bilan de l’année (nombre d’accidents, formations…) et de leur expliquer les différentes actions qui vont êtres mises en place pour la sécurité routière afin qu’ils les relaient ensuite auprès de leurs équipes. Nous organisons ainsi régulièrement des formations et séminaires pour sensibiliser nos conducteurs sur le sujet. Par exemple, chaque nouvel arrivant dans la société suit une formation d’une journée sur la sécurité routière, qui est ensuite renouvelée tous les trois ans. Nous avons également mis en place un système d’identification des collaborateurs à risque (ceux qui par exemple sont multi-accidentés, commettent régulièrement des infractions, etc.) de manière à leur proposer des formations mieux adaptées à leur comportement de conduite. Dès lors qu’un collaborateur a eu un accident, nous avons, par ailleurs, avec lui un entretien pour en comprendre les raisons et le sensibiliser à nouveau sur les bonnes pratiques en matière de comportement de conduite, notamment les éléments qui auraient pu éviter l’accident. Nous fixons également à tous nos collaborateurs conducteurs des objectifs de performances sur le sujet (suivi des formations, état de la voiture) et nous nous assurons régulièrement auprès d’eux qu’ils n’ont pas fait l’objet d’un retrait de permis. Dans le cadre de son programme Safe Fleet, J&J a également fixé à chacune de ses filiales un objectif de baisse du nombre d’accidents par millier de miles parcourus.

> Vous allez également au-devant des réglementations sur la sécurité routière ?
En effet, nous n’avons pas attendu l’application au début de cette année de la loi sur l’obligation, pour un employeur, de désigner les conducteurs contrevenants. Cette disposition existe depuis dix ans chez Johnson et Johnson car nous estimons qu’elle participe à la responsabilisation du conducteur et à sa propre sécurité. D’autre part, nous avons été la première entreprise à signer, en octobre 2016, la Charte de la Sécurité Routière mise en place par le gouvernement. Au-delà de la réglementation, nous veillons également à ce que les véhicules que nous mettons à la disposition de nos salariés soient parfaitement équipés en matière de sécurité : ASP, radar ou caméra de recul, régulateur de vitesse…

> Quels sont les résultats de ces actions ?
Si nous enregistrons encore quelques sinistres, ce sont surtout de petits chocs et accidents mineurs de manœuvres. Cela fait maintenant plus d’un an et demi que nous n’avons plus à déplorer d’accidents corporels. D’autre part, ces différentes actions ont également un impact en termes de TCO, notamment sur la baisse de la consommation de carburant, même si d’autres éléments y contribuent.

  

Réglementation

Dès lors qu’il survient dans le cadre de l’activité professionnelle, un accident est considéré comme un accident du travail.

Selon le Code de la sécurité sociale (article L411-1: « est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail, à toute personne salariée ou travaillant à quelque titre que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise ».

Lu 1403 fois Dernière modification le mardi, 27 mars 2018 13:16
Anne Del Pozo

Elle collabore depuis près de 20 ans à différents magazines en qualité de journaliste.

Elle y traite de sujets articulés essentiellement autour de la finance, des flottes automobiles, du voyage et du tourisme d'affaires ou encore des ressources humaines. Anne del Pozo participe également à la rédaction de nombreux témoignages clients et de newsletters d'entreprise.

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