Le regard des salariés sur l’engagement RSE de leur entreprise

Etudes Écrit par  lundi, 03 février 2020 16:07 Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
Évaluer cet élément
(1 Vote)

Des Enjeux et des Hommes et ekodev dévoilent la quatrième édition de leur baromètre « Les Salariés et l’entreprise responsable ». Réalisée par Occurrence auprès de plus de 1 000 salariés d’entreprises privées de plus de 250 collaborateurs, cette enquête révèle que seuls 15% des salariés pensent que la RSE a transformé leur entreprise en profondeur, que ce soit dans ses choix stratégiques, ses acquisitions ou son organisation.

Comme les années précédentes, les résultats montrent que les salariés sont insuffisamment impliqués dans la démarche : seuls 8% sont invités à intégrer la RSE à leur pratique métier alors que 70% sont prêts à s’investir davantage !

Les principaux enseignements de cette étude sont les suivants :

Une démarche qui n’est toujours pas assez structurée et stratégique

Si l’engagement dans la RSE n’est quasiment plus considéré comme un effet de mode (15% des répondants = - 11 points versus 2017), la confiance qui lui est accordée par les collaborateurs reste fragile (40%).

Les démarches se résument encore trop souvent à une somme d’actions ponctuelles (24%). Seuls 8% des répondants pensent que la RSE a impacté le business modèle et 4% qu’elle a conduit à la création de nouvelles offres responsables.

Aussi l’impact des démarches est-il perçu comme limité sur les plans d’action (23%) et semble ne toucher que certaines fonctions (QHSE, achats, communication...) pour 56%. On note également que seuls 15% des salariés pensent que la RSE a transformé leur entreprise en profondeur !

Parmi les principaux freins, la méconnaissance du sujet en interne (et de sa dimension stratégique, business) est pointée par 39% des personnes interrogées.

La RSE, un sujet qui compte pour les salariés

- Un intérêt croissant des salariés pour la RSE et une meilleure compréhension de ce que recouvre cette notion (au-delà de la dimension environnementale)
54% des répondants ont la bonne définition de la RSE (vs 27% lors du précédent baromètre). D’ailleurs, 86% déclarent s’intéresser davantage au sujet qu’il y a quelques années.
La RSE est importante pour une majorité de répondants (40%) et même indispensable pour 19% du panel.

- Les salariés réaffirment leur souhait de participer et d’agir dans la démarche RSE de leur entreprise
70% sont volontaires pour s’impliquer davantage dans la RSE et 2/3 sont prêts à proposer des idées pour nourrir la réflexion sur la RSE. Cela est d’autant plus vrai chez les femmes, les jeunes et les managers. A noter également que 52% de ceux déclarant ne pas être actuellement engagés dans la démarche RSE de leur entreprise sont prêts à être force de proposition.
Les raisons de cet élan sont multiples : près de la moitié du panel (45%) pense que la RSE donne du sens au travail. 1 salarié sur 4 considère qu’elle permet de développer de nouvelles compétences, sortir du quotidien, travailler avec d’autres services…
Enfin, chiffre en hausse, 39% sont motivés par le fait de contribuer à de grands enjeux qui dépassent le cadre de l’entreprise.

Du chemin à parcourir pour informer et surtout engager les collaborateurs dans la RSE

- Les actions et moyens mis en œuvre par l’entreprise pour associer les collaborateurs sont jugés insuffisants
La démarche RSE est méconnue pour près de la moitié des salariés (45%). Cela est d’autant plus vrai chez les équipes opérationnelles et dans les grands groupes. 71% s’estiment pas ou mal informés.
Les moyens mis en place pour engager les collaborateurs dans la RSE sont très descendants (newsletters, réunions d’information et affichage dans 39% des cas). Les salariés sont peu associés à l’élaboration de la démarche (21%) alors qu’une grande majorité, comme sus mentionné, se disent prêts à être force de proposition.
Par ailleurs, les formations à la RSE sont trop rares : 93% des salariés n’ont pas reçu de vraie formation sur les 3 dernières années. Et ceux qui en ont bénéficié y ont consacré moins d’1/2 j pour 41% et d’une journée pour 17%.

- Le manque d’impulsion managériale est le principal frein au déploiement de la RSE
44% des salariés ne sont pas du tout impliqués dans la RSE, 23% ne le sont que sur des actions ponctuelles (écogestes, semaine du DD, congés solidaires) et seuls 8% se disent invités à l’intégrer à leur pratique métier.
Il faut dire que seuls 14% des managers directs sont perçus comme véritablement acteurs voire moteurs dans la diffusion de la RSE. Ils sont également identifiés comme le premier frein au déploiement de la RSE. 45% des salariés déclarent qu’ils ont d’autres priorités (business). Par ailleurs 84% des répondants ne sont pas objectivés sur la RSE.
Quant aux représentants du personnel, ils n’abordent la question que dans 1/3 des organisations et leur engagement n’est pas perçu à la hauteur des enjeux (pour 73% des répondants).

Face à ce constat, quelles sont les perspectives ?

- Des leviers de conduite du changement sur lesquels aller chercher l’appui des DRH
Sans surprise, parmi les principaux leviers à actionner résident le fait de :
• donner davantage de moyens, de temps et d’objectifs clairs à chacun (53%)
• expliquer plus clairement ce que recouvre la RSE et surtout comment l’appliquer dans son métier (46%).
Ce qui renvoie directement à la formation et à l’accompagnement par la ligne managériale de proximité.
À cela doit s’ajouter un véritable sponsorship des dirigeants ; en effet 74% des répondants estiment que l’impulsion en matière de RSE doit être donnée en priorité par les DG.

- La Raison d’être peut donner une nouvelle dynamique
La loi Pacte ouvre la possibilité aux entreprises qui le souhaitent de formaliser une « raison d’être » afin d’affirmer leur contribution aux enjeux sociétaux. 27% des salariés déclarent que leur entreprise a rédigé une raison d’être ou va le faire. Pour 57% d’entre eux c’est une bonne chose car cela va permettre à l’entreprise de créer davantage de valeur pour ses parties prenantes.
En revanche, 33% s’interrogent sur la crédibilité de la démarche (au-delà de l’opération marketing). Il y a donc un vrai enjeu de conviction et de démonstration de l’intérêt de cet exercice.

- La fonction RSE a un rôle clé à jouer
Parmi les constats positifs, la performance croissante de la fonction RSE dans les entreprises.
Si elle peut encore gagner en visibilité interne (en moyenne 20 à 25% des répondants méconnaissent ses actions), elle est de plus en plus rattachée au bon niveau hiérarchique (57%) et soutenue par la Direction Générale (62%). Elle est perçue comme ayant développé tant les expertises techniques (59%) que le leadership requis pour porter le sujet (51%) et pouvant s’appuyer sur un réseau de relais dans les métiers et les sites (52%).
D’ailleurs 45% des salariés pensent que la RSE va continuer d’occuper la même place et 50 % qu’elle va prendre une place importante dans leur entreprise d’ici 5 ans… Les plus optimistes sont les managers et les plus jeunes. Un résultat encourageant pour l’avenir.

Pour Agnès Rambaud-Paquin, directrice associée des Enjeux et des Hommes, « Ces résultats confirment les tendances déjà mesurées lors des éditions précédentes : la montée en puissance progressive du sujet mais à un rythme insuffisant en regard de l’urgence des enjeux. Via ce baromètre, nous attirons l’attention des décideurs sur les leviers qui nous semblent incontournables pour engager les salariés dans la transformation des entreprises vers des modèles plus durables, parmi lesquels la formation (pour achever de donner les bons repères) et la mobilisation de la ligne managériale (pour accompagner le changement). C’est aussi l’occasion de rappeler la nécessité de développer les partenariats DRH /Directions RSE ».

Benjamin Dekester, Directeur associé d’Ekodev ajoute « Les résultats de cette nouvelle édition de notre baromètre sont mitigés. En effet, d’une part, on peut noter une réelle prise de conscience de l’importance du sujet et une nette progression de l’envie de s’impliquer, aussi bien à titre individuel chez les collaborateurs que dans son niveau de rattachement aux organes décisionnaires de l’entreprise. Néanmoins, au regard de l’ambition et des moyens accordés, les actions et effets de la RSE restent superficiels voire anecdotiques ! Il en résulte donc un très faible niveau de transformation des entreprises et d’intégration dans les pratiques, qui est loin d’être à la hauteur du défi à relever ».

Comme le précise Assaël Adary, président d'Occurrence : « Cette 4ème édition est conforme à ce que nous constatons dans nombre d’études : il ne faut pas confondre le bruit médiatique et le quotidien des individus. On note en effet qu’avec une note moyenne de 4,8 sur 10 que le niveau d’information des salariés sur la démarche RSE de leur entreprise est particulièrement faible. Est-ce la faute de la communication interne ? Notre expérience montre que non. On ne peut pas demander à un salarié ou à un citoyen de se déclarer bien informé si la thématique évoquée n’est pas incarnée dans son quotidien. Reste donc aux entreprises désireuses que leurs salariés deviennent majoritairement les premiers ambassadeurs de leur politique RSE de se demander comment les en rendre acteurs ! ».

Méthodologie :
Enquête barométrique online (4ème édition), menée du 25 octobre au 14 novembre 2019, auprès d’un échantillon de 1 016 salariés du secteur privé issus d’entreprises de 250 collaborateurs minimum. Pour tenir compte de la place de la RSE de plus en plus prépondérante dans les entreprises, le questionnaire de la quatrième vague a évolué. Il a été enrichi grâce à la contribution de plusieurs parties prenantes, de thématiques récentes, telles que la raison d’être de la loi Pacte. Certaines questions font l’objet d’une comparaison avec la troisième vague menée en 2017, quand celles-ci sont restées identiques dans leur dénomination et leurs modalités.




Lu 8048 fois Dernière modification le mardi, 04 février 2020 08:44

Le magazine digital

Inscrivez-vous à notre édition digitale pour feuilleter gratuitement le prochain numéro

inscrit.png   

Vient de paraître GPO Magazine de Avril 2022
GPO MAGAZINE N°109
Recevoir la
 version PRINT en cliquant ici

EXTRAIT GPO 109.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître GPO Magazine de Mars 2022
ÉDITION SPÉCIALE SÉCURITÉ NUMÉRIQUE
Recevoir la
 version numérique en cliquant ici

MAG DIGITAL Lire extrait HS 2022-03 Secu numerique.jpg

Livres Blanc et E-book

Les clés pour réussir l’intégration de la signature électronique au sein de son organisation !
Au travers de son livre blanc consacré à « La signature électronique et son intégration…
Comment passer à la facture électronique ?
En permettant un traitement automatisé et sécurisé, la facture électronique facilite la comptabilité des factures…
Cinq étapes pour améliorer l'expérience client grâce à l'Intelligence Artificielle
Les centres de contact sont une source importante d'informations sur les clients. Ils peuvent en…
Accélérer la transformation digitale de la comptabilité fournisseurs
Les équipes comptables se doivent d’engager leur transformation digitale pour éliminer les travaux de saisies…
Plus de livres blanc

Webinaires

Comment simplifier la réservation hôtelière ?
Et si le voyage d’affaires devenait aussi simple que le voyage loisir ? Pour permettre…
Comment offrir une expérience client digne de Netflix grâce à l’Intelligence artificielle ?
Plus que jamais les entreprises se doivent d’offrir à leurs clients un expérience fluide, remarquable…
Comment renforcer l’agilité de ses applications de gestion avec Oracle Cloud ?
Toute entreprise, quel que soient sa taille, son métier ou ses activités, fait aujourd’hui face…
Comment aborder le télétravail dans les meilleures conditions ?
Les nouveaux défis auxquels nous faisons face amènent les entreprises à recourir de plus en…
Les différentes étapes pour anticiper la sortie de crise
L'équipe Décidem, Cabinet de conseil spécialisé dans les défis humains, propose gratuitement son prochain webinar…
Plus de webinaires

Connexion

Devenir membre de GPOMag.fr vous permettra de bénéficier de nombreux avantages réservés uniquement aux membres : Recevoir l'édition digitale mensuelle, Feuilleter les cahiers thématiques et les télécharger gratuitement, Feuilleter gratuitement les derniers numéros de l'année en cours, Télécharger le planning rédactionnel pour connaître les sujets de la Rédaction à venir.

 

GPO Magazine

GPO Magazine, pour Gérer, Prévoir et Optimiser les ressources de l'entreprise est un magazine d'aide à la décision bimestriel, axé sur l'optimisation de la gestion d'entreprise, pour concrètement guider ses lecteurs dirigeants dans leurs réflexions stratégiques, leurs démarches opérationnelles, la gestion de leurs droits et dans le choix de leurs partenaires.

Une ligne éditoriale concrète et pertinente qui conjugue tendances, cas concrèts et témoignages, dossiers d'analyse, dossiers marchés, dossiers métiers, focus, point de droit, point international, point fiscal. Plus des " Avis d'Experts ".

Contactez-nous

Nos autres sites d'information

Twitter - Derniers posts